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Football féminin Entretien avec le sélectionneur des Lionnes du Cameroun

Par Charles Kouassi10 mai 2015

En match amical international de football joué le dimanche à Abidjan, la sélection nationale du Cameroun a battu celle de la Côte d’Ivoire par 3-2.

Au terme de la rencontre, Enow Ngachu, patron de l’encadrement technique des Lionnes Indomptables, parle du match et des difficultés dans la préparation de son équipe sans oublier de jeter un regard sur la poule du Cameroun au Mondial.

-Pour son match de préparation du Mondial 2015, la sélection féminine du Cameroun a battu son homologue de la Côte d’Ivoire. Est-ce une bonne opération pour le moral surtout ?

Sachez que c’est un match amical. Notre objectif en venant à Abidjan n’était pas nécessairement la victoire mais aussi de voir l’évolution du jeu de notre équipe. Il est vrai que gagner booste le moral mais ce match nous a permis, tout comme la Côte d’Ivoire de corriger nos lacunes. Les deux équipes ont commis pratiquement les mêmes erreurs et cela a eu raison de la Côte d’Ivoire. Nous, nous avons un peu d’expérience vu que nous étions aux Jeux Olympiques en 2012 où nous avons joué contre de grandes nations de football. Nous avons commis les mêmes erreurs. Il nous faut donc travailler. Je reste confiant pour l’avenir. Je pense que les deux formations ont tiré les leçons de ce match et feront tout pour défendre les couleurs de l’Afrique au Mondial.

-Parlant des lacunes, à quel niveau les avez-vous détectées ?

Au niveau défensif. Vous avez vu les buts que nous avons encaissés cela veut tout dire. Nous avons aussi des lacunes au plan physique. Nous avons craqué à un certain moment du match et cela est pareil pour la Côte d’Ivoire. Or, en Coupe du Monde cela ne pardonne pas.

-En trois matches dont deux officiels, le Cameroun a battu la Côte d’Ivoire. Dans cette catégorie, le Cameroun est-il la bête noire de la Côte d’Ivoire ?

Non, il ne faut pas voir les choses de cette manière. Aujourd’hui (NDLR : dimanche) il s’agit d’un match amical. La Côte d’Ivoire est une grande nation de football qui aura son mot à dire en matière de football féminin en Afrique. Ce n’est pas la victoire qui compte. L’essentiel c’est que nous nous tenions la main pour défendre les couleurs de l’Afrique au prochain Mondial.

-Parlant des lacunes observées lors du match, peut-on les mettre sur le compte du manque de championnats véritables dans les pays africains ?

C’est un pan des maux qui minent le football féminin africain. Que ce soit au Cameroun ou en Côte d’Ivoire, il y a problème. Il y a quelques jours, j’ai suivi une émission sur la télévision ivoirienne où l’on parlait des difficultés dans la préparation de l’équipe de Côte d’Ivoire. Nous étions choqués parce que nous vivons les mêmes problèmes. Nous nous sommes mis à la place des ivoiriennes, c’est terrible. Je dirais que la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Nigeria dont j’ai eu un entretien avec le sélectionneur national vivent les mêmes conditions de travail. Il ne faudrait pas que nos autorités regardent uniquement nos sélections nationales masculines. Parce que l’avenir du football africain dans quelques années reposera sur le football féminin. Je pense que le pays qui accordera un peu plus de moyens au football féminin dominera l’Afrique. La mauvaise préparation, c’est l’Afrique et c’est ce que nous déplorons.

-On peut le dire, le Cameroun lui vit une situation spécifique vu qu’il n’a pas encore un président de fédération et que cette structure est toujours dirigée par un comité dit de Normalisation. Est-vous d’accord avec nous ?

Je n’aime pas trop parler de ce problème. Il est vrai que pour le moment, c’est la Normalisation qui gère le football féminin ainsi que l’Etat. Ils mettent les moyens. Mais je pense que ces deux structures peuvent faire mieux.

-Parlant du Mondial au Canada quelle analyse faites-vous de la poule du Cameroun ?

Il y a trois novices dans le groupe qui sont le Cameroun, la Suisse et l’Equateur. Le Japon est le favori mais la poule est très jouable. L’Afrique a les talents qui peuvent rivaliser avec les grandes nations mais la différence se situe au niveau de la préparation. C’est cela qui va nous manquer au Mondial. Notre objectif au Mondial, c’est de faire mieux qu’en 2012 aux Jeux Olympiques où nous avons beaucoup appris.

-Au fur et à mesure qu’approche la date du début du Mondial 2015 quel est votre état d’esprit ?

C’est plutôt au niveau des joueuses que se trouve le problème. Nous discutons beaucoup avec elles. Nous leur faisons
comprendre qu’après cette compétition, elles peuvent avoir de très bons contrats. C’est surtout ce message que nous leur tenons.

Entretien réalisé à Abidjan par
Mel Adou

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