Ancien sélectionneur du Sily National de Guinée, le français Michel Dussuyer qui a officié chez les Eléphants il y a un peu plus de sept ans en tant qu’adjoint de Henri Michel, convoite l’équipe championne d’Afrique pour un autre challenge. Il s’est confié à AFRIKIPRESSE.
Confirmez-vous avoir fait acte de candidature pour prendre les rênes de l’encadrement technique des Eléphants ?
Bien sûr. ( Rire )
Pourquoi votre choix s’est porté sur les Eléphants et non sur une autre sélection d’Afrique ou d’ailleurs ?
( Rire ). Pour moi c’est une évidence parce que c’est un beau challenge, un beau défi à relever avec une équipe qui a un bon effectif. C’est une équipe dont la plupart des joueurs évoluent ensemble depuis des années. Une belle génération qui a participé à sa première CAN en 2006. En tout cas, elle a des joueurs de haut niveau qui ont de belles ambitions.
Etes-vous conscient que la succession de votre compatriote Hervé Renard ne sera pas chose aisée ?
Il est tout à fait vrai que les lendemains de la CAN ne sont pas faciles à gérer surtout pour une équipe qui a remporté le trophée. Mais je dois avouer que j’ai les atouts. Cela fait 9 ans que je parcours l’Afrique. J’ai participé à quatre CAN. J’étais chez les Eléphants sous Henri Michel et je connais bien l’esprit du groupe. J’ai de l’expérience sur le plan sportif et c’est ce que je vais mettre à profit. Donc je connais bien l’Afrique. C’est un gros avantage.
Vous parlez d’atouts mais il ya que les supporters ivoiriens sont très exigeants ?
Les exigences sont importantes quel que soit le niveau de l’équipe. La Côte d’Ivoire a des objectifs importants avec la CAN 2017 et surtout l’exploit à rééditer. Il y a également le Mondial 2018. C’est donc une opportunité pour moi d’accompagner cette équipe à atteindre ses objectifs. Je connais le contexte et le plus important pour moi c’est le travail. Et c’est ce travail que j’ai accompli avec la Guinée et le Bénin. Vous savez qu’avec les Eléphants sous Henri Michel, j’avais un travail spécifique, celui d’aller superviser les adversaires ce qui fait que je connais bien beaucoup d’équipes africaines. C’était une belle expérience à l’époque avec un groupe jeune comme c’est le cas aujourd’hui. J’en ai gardé un très bon souvenir
Vous êtes environ soixante techniciens à postuler. Ce trop grand nombre ne vous décourage-t-il pas par moments ?
Non pas du tout. Comme je vous l’ai dit, je pense honnêtement qu’au regard de mon parcours, de mon travail et des résultats que j’ai obtenus aussi bien avec la Côte d’Ivoire et la Guinée qu’avec le Bénin, je suis à même de prendre en main cette équipe des Eléphants. Maintenant, j’attends d’aller jusqu’au bout pour voir ce qu’il en sera.
Avez-vous des contacts particuliers avec certains joueurs ivoiriens ?
Non, je ne suis pas en contact permanent avec les joueurs ivoiriens. Mais quand l’occasion se présente, nous échangeons comme cela a été le cas à la CAN en 2015 en Guinée Equatoriale. Nous étions dans le même hôtel et de temps en temps, je causais avec des anciens comme Kolo, Yaya, Chico et Copa que je connais très bien. Et même avec Kalou et d’autres jeunes que j’ai découverts pour la première fois. J’avoue que j’ai bien apprécié cela. Avec Copa, j’échange beaucoup parce que c’est une affaire de gardiens de but. Et même quand il venait en vacances en Guinée au moment où j’étais en poste là-bas, on se voyait et on échangeait beaucoup.
Parlant de la CAN 2015, concrètement qu’est-ce qui vous a marqué chez les Eléphants ?
En venant à la CAN, la Côte d’Ivoire était dans une phase de transition. Hervé Renard a su intégrer des jeunes comme Wilfried Kanon, Eric Bailly et autres. Il a su forger un état d’esprit. La Côte d’Ivoire n’était pas favorite selon les sondages mais l’équipe est montée en puissance progressivement jusqu’à aller gagner le trophée. C’est un fait marquant. Cet état d’esprit, je veux le garder et aller relever le challenge. Je le répète, quand on est entraîneur, on a des ambitions à atteindre et des défis à relever. Le challenge est bien sûr compliqué et chaque match est difficile. Pour le cas des Eléphants, les joueurs sont de haut niveau et ils doivent le justifier à chaque sortie.
Mais qu’est-ce qui a fait gagner les Eléphants selon vous ?
La qualité de l’effectif et les ambitions. L’objectif était très important. Les joueurs qui étaient pour la plupart jeunes, ont été réceptifs au message leur sélectionneur. Ils avaient compris qu’ils avaient un beau coup à jouer.
Qu’est-ce qui vous a marqué de votre passage chez les Eléphants ?
Il y a le groupe. Une très bonne génération de joueurs de grandes qualités. Les supporters aimaient bien leur équipe. Il y a un fait qui m’a marqué c’était notre arrivée de la CAN 2006 en Egypte. L’ambiance à l’aéroport était formidable. Nous avons été bien accueillis.
Avec le Sily de Guinée, vous avez rendu votre démission le lendemain de l’élimination de votre équipe en quart de finale de la CAN devant les Black Stars du Ghana. Cela a surpris plus d’un. D’aucuns ont conclu que vous avez vu venir un limogeage. Pourquoi êtes-vous parti ?
Non, c’est une décision mûrement réfléchie depuis des semaines voire des mois. J’ai passé cinq années à la tête du Sily donc j’ai connu un long parcours. Maintenant, je voulais un autre projet , voir d’autres choses venir. En gros, j’avais besoin de tourner la page.
Interview réalisée par
Mel Adou