Lors du Forum pour la paix dans le Grand Ouest, Anne Ouloto a annoncé la tenue d’un séminaire sur la gestion foncière rurale.
Le Forum du Grand Ouest pour la paix se tient du 13 au 16 août 2025 à Guiglo, à l’initiative d’Anne Ouloto ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration et également présidente du Conseil régional du Cavally. Cette rencontre vise à transformer les blessures du passé en leviers de développement durable pour la région. À l’occasion de la journée scientifique du jeudi 14 août, la ministre d’État a annoncé l’organisation prochaine d’un séminaire dédié à la gestion foncière rurale.
Le premier panel de la journée scientifique, intitulé « La gouvernance du foncier rural, levier pour une paix durable », a réuni plusieurs intervenants de renom. Parmi les panélistes figuraient le prof. Dion Simplice Yodé, enseignant-chercheur à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody; Karim Diarrassouba, préfet de la région du Worodougou, ancien préfet de Toulepleu durant la crise postélectorale de 2010 ; Mo Mathieu Koffi, représentant de l’Agence de la gestion foncière (AFOR) ; Dr Kouassi Kouadio Édouard, sociologue ; Pekao Franck Roland, chef de terre de Duékoué ; ainsi que Dr Ibrahim Lokpo, maire de la commune de Saïoua.
À l’issue du panel, il a été clairement établi que la gestion du foncier rural constitue une source majeure de tensions. Dans l’Ouest du pays qui connaît d’importants mouvements migratoires, l’attribution des terres se fait parfois sans précaution de la part des tuteurs envers les populations nouvellement installées. Une situation qui favorise souvent des conflits, menaçant la stabilité et la paix dans la région. Toutefois, le gouvernement, à travers l’Agence de gestion foncière rurale (Afor), a amorcé un processus de sécurisation des terres afin de prévenir ces litiges et renforcer la cohésion sociale.
Le panel a souligné l’importance capitale des chefs traditionnels dans la gouvernance foncière. Un rôle qui exige de leur part une grande responsabilité, une crédibilité affirmée et une sagesse constante.
Anne Ouloto, a annoncé l’organisation prochaine d’un séminaire de formation dédié exclusivement aux chefs de cantons, de villages et de communautés du pays Wê. Cette initiative vise à permettre à chaque acteur concerné de mieux comprendre son rôle dans le cadre des contrats de cession de terres. « La paix ne sera pas possible tant qu’on aura pas une bonne gestion du foncier », a affirmé la présidente du Conseil régional. Pour elle, le plus important est l’adoption d’une approche participative et inclusive dans la gestion des problèmes fonciers.
La conférence inaugurale, placée sous le thème « Paix, gouvernance et résilience : mise en contexte et perspective », a été animée par le prof. Flan Moquet, enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Dans son intervention, il a souligné que la consolidation d’une paix durable dans le Grand Ouest repose sur la légitimité des acteurs institutionnels et sur la résilience des populations. Il a également rappelé que la paix ne se limite pas à l’absence de conflit armé, mais implique la présence de justice et d’équité.
Yaya K avec Dircom