Dans la continuité de sa posture depuis le début des attaques au Moyen-Orient, le président français Emmanuel Macron a appelé samedi 14 mars 2026 Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, y compris le Hezbollah, afin de mettre fin aux hostilités et d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos. Il a exhorté le Hezbollah à cesser immédiatement ses actions et Israël à renoncer à une offensive d’ampleur tout en cessant ses frappes massives. Soulignant que les autorités libanaises sont disposées à négocier, le président français a proposé que la France facilite ces pourparlers en les accueillant à Paris, dans le but d’aboutir à une solution durable garantissant la souveraineté du Liban.
Les idées de paix et de dialogue d’Emmanuel Macron ne sont pas mauvaises, même si d’aucuns tendent à voir une France faible, voire faiblarde, face au très viril Premier ministre israélien ou face à Donald Trump, ce prix Nobel de la guerre !
Dans le grand bazar des puissances, où la loi du plus fort semble s’écrire en russe, en hébreu ou en américain, la France cherche sa place, entre premier et second rôle.
Emmanuel Macron a la légitimité pour être un facteur de paix. Il ouvre une voie avec ses propositions de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. C’est un début, mais une parole isolée ne pèse rien face aux chars. Pour exister, il doit bâtir une coalition des partisans de la paix et de la désescalade : convaincre les pays du Golfe, capitaliser sur des liens avec l’Afrique et unir une Europe qui tremble. Seul, on dialogue. Entouré, on impose le dialogue.
C’est là que doit intervenir la puissance. La France est un État nucléaire. Cette force ne devrait pas servir à menacer, mais à établir une limite intangible. Il est temps de signifier clairement à Israël et aux États-Unis que la patience d’une puissance moyenne a des bornes. L’équilibre de la terreur est un concept froid, mais c’est parfois le seul garant de la raison. La force appelle la force. Il faut savoir rappeler qu’il existe, dans le camp d’en face, des acteurs tout aussi déterminés.
Que Trump ne s’y trompe pas. Il respecte Poutine et Xi Jiping malgré tout. Si le problème, c’est la personne, oserait-il défier durablement une France menée par un Mélenchon ou un de Villepin, pour ne pas dire Poutine ? La question n’est pas anodine. Elle montre que chaque puissance a sa limite, et que le mépris a un seuil de retournement.
La guerre reste « la continuation de la politique par d’autres moyens », disait Clausewitz. Mais quand elle devient l’apanage de puissants devenus faibles par leur incapacité à négocier, il y a lieu d’inverser la logique. Trump se croit fort en bombardant des postures ? Il est faible. La vraie force, c’est d’utiliser la puissance de dissuasion non pour faire la guerre, mais pour contraindre à la paix. La France a ce pouvoir.
Nous ne voulons pas du feu. Nous ne voulons pas de la destruction du monde pour satisfaire l’ego de deux jusqu’au-boutistes. Assez de cette faiblesse déguisée en fermeté. Allons au dialogue, armés de notre force morale et, s’il le faut, de la crainte qu’elle inspire. Car la paix et le dialogue ne sont pas un don des forts : ce sont des conquêtes de courageux.
Wakili Alafé