La France risque de manquer d’électricité pendant les hivers des années 2015 et 2016, selon les prévisions de la filiale d’EDF (Electricité de France), RTE qui est chargée de veiller sur l’équilibre entre la production et la consommation.
Pour 2014 tout va bien. Mais les trois prochains hivers inquiètent les experts de RTE (Réseau transport électricité) : il risque de manquer 2 000 mégawatts de puissance, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Cela signifie que l’approvisionnement ne serait pas assuré pendant au moins trois heures pour deux millions de consommateurs. Depuis des mois, les centrales électrique à gaz les plus récentes sont mises sous cocon, c’est-à-dire qu’elles sont arrêtées provisoirement parce qu’elles ne sont plus rentables. C’est donc du courant électrique en moins. Elles ne sont plus rentables depuis la révolution induite par l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis : les Américains, qui n’ont plus besoin de leur charbon, l’exportent en Europe où le prix s’est donc effondré. Il est donc plus avantageux en Europe de faire de l’électricité avec du charbon plutôt qu’avec du gaz. D’où l’arrêt provisoire des centrales à gaz les plus récentes, ce qui diminue la production d’électricité.
Les énergies renouvelables pointées du doigt
Les éoliennes et les panneaux solaires ne produisent que quand les conditions sont optimales. Et paradoxalement dans ce cas, il y a trop d’électricité d’un coup, ce qui fait chuter le prix du mégawatt, et entame encore davantage la rentabilité des centrales à gaz. Pour couronner le tout, la situation va s’aggraver début 2016. Des centrales au charbon et au fioul devront fermer car elles ne répondent plus aux normes environnementales.
Pas de black-out, mais des délestages
On ne peut pas stocker l’électricité avant l’hiver. Et pendant les grands froids, les centrales qui fonctionnent sont déjà à plein régime, et ce depuis plusieurs années. La crainte d’un black-out énergétique, comme le 4 novembre 2006, est donc là. Dix millions d’Européens s’étaient retrouvés dans le noir une bonne partie de la soirée. Mais, selon Dominique Maillard, le patron de RTE, on ne peut pas parler de « noir total ». Car le black out est une situation dans laquelle un opérateur réseau perd la maîtrise du système. Or les procédures de secours existent, comme les « délestages tournants ». On coupe le courant dans certaines zones et on fait tourner ce courant d’une zone à l’autre pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui subissent les désagréments. Cette procédure a déjà été utilisée pendant la tempête de 1999 en France. Et nos voisins belges comptent l’utiliser dès cet hiver.
Une entraide européenne nécessaire
Pour rétablir l’équilibre entre production et consommation, on peut empêcher la fermeture de certaines centrales thermiques (gaz, charbon, fioul) par exemple, et accélérer leur mise aux normes européennes. On peut aussi favoriser les économies d’énergie et surtout les interconnections avec les autres pays. Une bonne entraide est cruciale entre pays voisins pour affronter les grands froids.
afrikipresse avec rfi