La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), à travers sa Direction de la Prévention et de la Promotion de la Santé et Sécurité au Travail (DPPSST), a organisé les 24 et 25 septembre 2025, à Bouaké, un atelier de sensibilisation sur la gestion des risques chimiques en milieu professionnel.
Placée sous le thème « Sensibilisation des acteurs nationaux impliqués dans la gestion des produits chimiques sur les dispositions de la Convention 170 de l’OIT : Responsabilité des entreprises », cette rencontre avait pour objectif de former et d’informer les travailleurs ainsi que les chefs d’entreprises de la région du Gbêkê sur les dangers liés à l’utilisation des substances chimiques.
Un enjeu de santé publique
Le directeur régional adjoint de la CNPS de Bouaké, Coulibaly Robert, a rappelé que les produits chimiques sont à l’origine de nombreuses maladies professionnelles. Selon lui, « une grande majorité des travailleurs est exposée aux risques chimiques », une situation aggravée par le manque de données fiables au niveau national. Il a invité les entreprises à transmettre aux institutions compétentes des informations précises afin de faciliter la prise en charge de ces risques.
Poursuivant, il a insisté sur la nécessité de fédérer les forces entre les acteurs institutionnels pour aborder la prévention des risques chimiques de manière coordonnée, au bénéfice des travailleurs. Une feuille de route a d’ailleurs été adoptée pour aider les entreprises utilisatrices de produits chimiques à améliorer leurs pratiques et à protéger leurs employés.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2019, deux millions de personnes ont perdu la vie suite à une exposition aux produits chimiques, un chiffre en constante augmentation.
En Côte d’Ivoire, les inspections menées par la Direction de la Prévention entre 2018 et 2022 révèlent des insuffisances notables : sur 441 entreprises visitées, seulement 5 % disposent d’informations complètes sur les produits chimiques utilisés, 7,5 % forment leurs employés, et 12,5 % seulement ont mis en place des mesures d’urgence.
L’atelier a également été marqué par un panel auquel a pris part Ekra Salomon, directeur du développement durable et conformité de SUCAF-CI. Ce dernier a partagé l’expérience de son entreprise en matière de gestion des risques chimiques et souligné que « le risque chimique est un enjeu majeur que les sociétés ne peuvent ignorer ». Il a salué le canevas de travail défini lors de l’atelier, qui permettra d’améliorer les pratiques sur le terrain.
Des résultats attendus
Au-delà des définitions et des protocoles, les résultats attendus de ces initiatives de la CNPS sont concrets : une meilleure communication entre participants, une documentation accessible et compréhensible, une maîtrise accrue des Fiches de Données de Sécurité (FDS), des étiquettes et des pictogrammes. L’objectif ultime est d’assurer une gestion efficace du risque chimique, de voir les mesures de prévention appliquées, les conditions d’utilisation des produits tracées, et un plan d’action relatif à la Convention 170 mis en œuvre dans chaque entreprise.
Ces actions conjointes de la CNPS, des entreprises et des travailleurs sont la promesse d’un avenir où les milieux de travail seront plus sûrs, et la santé des employés préservée, marquant une avancée significative dans la protection et la santé au travail en Côte d’Ivoire. Après Bouaké, la prochaine étape est prévue à San Pedro, pour les zones centre-ouest et sud-ouest du pays.
Nambacéré Joël