Dans une vidéo publiée sur TikTok, Hervé Mahicka, observateur de la vie politique africaine, lance un appel fort et direct : toutes les attaques – qu’elles soient verbales, physiques ou orchestrées sur les réseaux sociaux – contre la Côte d’Ivoire obéissent à une seule logique. Selon lui, derrière cette guerre communicationnelle, se cache une volonté réelle de déstabilisation, voire de coup d’État. Sa conclusion est sans détour : au-delà des vidéos et des analyses, seule la vigilance peut permettre de prévenir une insurrection populaire ou un basculement brutal du pouvoir. Retour sur un message percutant et lucide.
« J’aimerais m’adresser aux autorités ivoiriennes avec respect et humilité », entame Hervé Mahicka. Connu pour ses analyses sans fard sur les réseaux sociaux, il tente d’éveiller les consciences sur les menaces grandissantes qui pèsent sur les pays africains, à commencer par la Côte d’Ivoire. « Je parle à ceux qui veulent bien m’écouter, pour aider à comprendre les enjeux réels, loin des théories de complot qui pullulent. »
Ses interventions en ligne rassemblent régulièrement des centaines d’internautes. Et un thème revient avec insistance : pourquoi la Côte d’Ivoire reste-t-elle silencieuse face à une avalanche d’attaques ? Car pour Mahicka, il ne fait aucun doute : Abidjan est aujourd’hui l’un des pays les plus visés d’Afrique, juste derrière certaines capitales européennes. Une cible privilégiée.
« L’État ivoirien donne l’impression de sous-estimer la gravité de la situation, comme s’il s’agissait de simples querelles entre internautes », déplore-t-il. Pourtant, selon lui, les signes sont là : mécanismes de désinformation, campagnes répétées, manipulation des foules. « Ce n’est plus du hasard, c’est orchestré. Et la main invisible qui tire les ficelles, c’est la Russie. »
Mahicka affirme que ce pays prospère sur le désordre. Incapable de s’imposer dans des nations stables, il chercherait systématiquement à fracturer les États où les institutions tiennent bon. La Côte d’Ivoire, modèle de stabilité et de croissance, dérange. « Ce pays est une cible à abattre car il incarne une Afrique qui réussit », martèle-t-il.
Ce qu’il trouve incompréhensible, c’est le silence apparent du gouvernement. « Peut-être que des actions discrètes sont menées dans les coulisses, mais sur le terrain de la guerre informationnelle, il n’y a aucune réponse visible. Rien pour contrer cette propagande savamment distillée. »
Il reconnaît que les acteurs de ces campagnes de désinformation n’ont souvent ni la légitimité ni la compétence pour leurs discours. « Mais ce sont souvent ces ignorants qui, manipulés, peuvent embraser un pays », avertit-il. C’est pourquoi il exhorte l’État ivoirien à descendre dans l’arène, à comprendre les codes du combat numérique actuel, et à réagir.
Son appel va plus loin : il interpelle également les institutions sous-régionales, notamment la BCEAO et les banques centrales, elles aussi visées. Car les risques sont multiples : économiques, sociaux, touristiques, diplomatiques… « Nous sommes en pleine guerre communicationnelle, et le silence est une faiblesse. »
Le silence stratégique ou la sérénité des autorités ?
Face à cette menace multiforme, certains interprètent le silence d’Abidjan non comme de l’indifférence, mais comme une posture maîtrisée. La Côte d’Ivoire serait en réalité en alerte, préparant en sourdine sa riposte à toute tentative de déstabilisation. Elle sait que le cœur du problème dépasse les vidéos virales. Il s’agit aussi d’un bras de fer géopolitique, où la Russie parie sur l’instabilité et sur la collaboration des pays de l’AES pour fragiliser les bastions démocratiques.
La réalité est là : la Côte d’Ivoire, par son modèle de gouvernance, ses partenariats avec l’Occident et ses progrès économiques, est devenue un contre-exemple gênant dans une région où le populisme militaire a pris le dessus. À l’image du Sénégal ou du Ghana, Abidjan représente une forme de stabilité que certains perçoivent comme une menace pour leurs régimes.
Ironie du moment, une partie de l’opposition ivoirienne salue ouvertement les transitions autoritaires dans les pays de l’AES, tout en exigeant davantage de démocratie en Côte d’Ivoire. Une contradiction criante.
Oui, cette guerre n’est pas que numérique. Elle est politique, idéologique, existentielle. Et l’enjeu est clair : empêcher une insurrection téléguidée, un coup d’État fomenté à distance. Le véritable rempart, ce n’est pas la communication seule. C’est la vigilance. Une vigilance constante, stratégique, patriotique.
Philippe Kouhon