En déclenchant, en février 2026, des opérations militaires contre l’Iran sans vote préalable du Congrès, Donald Trump a ravivé un débat ancien autour de la War Powers Resolution. Depuis 1973, ce texte indique qu’au-delà de soixante jours, le président américain doit obtenir une autorisation du Congrès ou procéder au retrait des troupes.
Pourtant, dans les faits, cette règle est loin d’être systématiquement respectée.
En Irak, d’abord. Depuis l’invasion de 2003, les présidents américains, de Barack Obama à Joe Biden, ont recyclé des autorisations anciennes, adoptées dans le sillage du 11 septembre et de la guerre contre Saddam Hussein, pour justifier des opérations nouvelles, notamment contre Islamic State.
En Syrie, les frappes ordonnées par Donald Trump en 2017 et 2018, puis celles décidées par Joe Biden contre des groupes pro-iraniens, n’ont jamais été couvertes par une autorisation spécifique du Congrès. Le seuil des « hostilités » durables ,celui qui déclenche réellement la contrainte des soixante jours, a été soigneusement évité. On frappe, sans « entrer en guerre », du moins juridiquement.
C’est à la lumière de ces précédents que se joue aujourd’hui le cas iranien.
La War Powers Resolution n’ayant pas été abrogée, Donald Trump se trouvera, soixante jours après le début des hostilités contre l’Iran, face à une obligation en théorie claire. En pratique, tout dépendra moins du texte que du rapport de force politique : celui entre un exécutif déterminé et un Congrès, une fois encore, placé devant ses responsabilités.
Charles Kouassi