Le 24 février 2026, quatre ans après l’invasion russe de l’Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a affirmé que Moscou n’avait ni gagné la guerre, ni brisé la résistance ukrainienne. Cet enlisement du conflit continue néanmoins d’avoir de lourdes conséquences sur le continent africain.
Ukraine–Russie : Kiev affirme avoir résisté à l’offensive russe
Quatre ans après l’offensive lancée par la Russie le 24 février 2022, Volodymyr Zelensky a déclaré que Vladimir Poutine « n’a pas atteint ses objectifs ». Selon le président ukrainien, l’État ukrainien a été préservé et était toujours debout malgré l’occupation d’environ 20 % du territoire par l’armée russe.
Sur le front, les combats restent concentrés dans l’Est, notamment dans le Donbass. Les forces russes y progressent lentement, tandis que les négociations de paix, sous médiation américaine, restent bloquées sur la question territoriale. Moscou exige toujours que Kiev renonce à certaines régions annexées, ce que l’Ukraine refuse catégoriquement.
Un conflit lourd de conséquences pour l’Afrique
Au-delà de l’Europe, la guerre russo-ukrainienne pèse directement sur les sociétés africaines. Hausses des prix des céréales et des engrais, désinformation ciblée, recrutement de combattants ou de travailleurs pour l’effort de guerre russe et implantation de réseaux mercenaires en Afrique expose des populations déjà fragiles à de nouvelles formes de dépendance et de violence. Loin du front, ce conflit européen produit ainsi des effets économiques, sécuritaires et informationnels durables sur le continent.
Combattants africains en Ukraine : un bilan discret mais réel
Il a été prouvé que depuis 2022, des ressortissants africains ont été recrutés pour contribuer à l’effort de guerre russe, comme combattants recrutés via des réseaux liés à l’ex-groupe Wagner, mais aussi comme main-d’œuvre dans des programmes militaro-industriels tels qu’Alabuga Start, au Tatarstan. Des cas concernant des citoyens de Zambie, du Cameroun, du Mali ou de Centrafrique ont été documentés, certains ayant péri dans des circonstances liées au conflit.
Si quelques volontaires africains ont bien rejoint la Légion internationale ukrainienne, la majorité des trajectoires recensées se concentre du côté russe, via des circuits opaques mêlant promesses d’emploi, formation ou engagement paramilitaire.
Pour les Africains, ce conflit lointain produit des effets bien réels localement : désinformation ciblée, enrôlement de jeunes comme supplétifs, recrutement de main-d’œuvre pour l’industrie de guerre et extension en Afrique de réseaux mercenaires alignés sur Moscou. Leur présence, parfois au service de juntes locales, s’est déjà accompagnée d’exactions contre des civils africains, comme à Moura (Mali) en 2022.
Quatre ans après le début de la guerre, l’Afrique continue ainsi d’en subir les répercussions sans en être partie prenante : inflation alimentaire, instrumentalisation informationnelle, recrutement de ses citoyens et déploiement sur son sol d’acteurs sécuritaires liés au conflit. Autant de coûts humains, économiques et politiques supportés par des sociétés déjà vulnérables. La question demeure entière : jusqu’à quand les populations africaines devront-elles payer le prix d’une guerre qui se joue loin de leurs frontières et sans leur consentement ?
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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