Politique

Guinée – 2015, une année pénible en perspectives pour Alpha Condé

Par Charles Kouassi30 décembre 2014

L’année 2015 s’annonce pénible pour le pourvoir de Conakry. En plus des échéances électorales qui s’agglutinent et de l’épidémie Ebola qui sévit depuis près d’une année dans le pays, le gouvernement de Mohamed Saïd Fofana se heurte à l’intransigeance de l’opposition à tenir un meeting ”géant le 7 janvier à Conakry”, après l’entame d’une grève ”générale illimitée” à partir du 5 janvier 2015 sur toute l’étendue du territoire national.

 

Lundi 29 décembre, avant de prendre leur dernier ultimatum, les centrales syndicales du pays ont reçu le ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail, dont l’objectif était de faire l’évaluation de la collaboration sur leurs points de revendication.

Cette rencontre s’est soldée par un échec. Le mouvement syndicat a noté à cet effet : ” le déficit de communication dans l’équipe gouvernementale, l’indifférence et la mauvaise foi des ministres en charge de l’économie des finances et du budget”.

A l’issue de l’entretien, le mouvement syndical a réaffirmé au Porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara, sa détermination à poursuivre la grève jusqu’à l’aboutissement  ”de toutes les revendications”.

Dans son préavis daté du 26 décembre, le mouvement syndical met en exergue 7 points ”essentiels” pour justifier sa décision d’aller en grève. Il  est signé des six grandes centrales syndicales du pays, avec les arguments suivants :

‎” – Considérant le retard volontaire accusé par le Gouvernement dans l’application de la nouvelle grille salariale et le régime des pensions,

– Considérant l’indifférence de l’Etat face à la situation des travailleurs dans l’usine de Friguia, de la Sotelgui, de Feralux, du Port autonome de Conakry, de Pride-Guinée, de Semafo-Guinée et d’Enco 5,

– Considérant l’insécurité grandissante et le sort des transporteurs, chauffeurs et passagers (barrages non conventionnels et braquages),

– Considérant la non application des statuts particuliers de l’éducation et de la santé

– Considérant le non-respect du protocole d’accord relatif à la fluctuation du prix du carburant à la pompe,

– Considérant la volonté exprimée par les travailleurs en Assemblée générale le 18 décembre 2014, réclamant une grève générale illimitée sur tout le territoire national, si les revendications ne sont pas satisfaites le 22 décembre 2014

– Considérant ce qui précède, le mouvement syndical guinéen décide de déclencher une grève générale illimitée sur tout le territoire national à compter du lundi 5 janvier 2015’’ .

Pour cela les syndicats appellent à l’union de tous les ouvriers du pays : ‘’En cette phase décisive de notre lutte syndicale en faveur de l’ensemble des travailleurs de Guinée, nous en appelons à la solidarité du mouvement syndical guinéen et de toutes les centrales de la République de Guinée”.

[Acculé, le gouvernement réagit en ces termes   ]

Le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara, explique que ‘’l’incompréhension’’ avec les syndicats réside dans leur exigence d’une augmentation salariale des travailleurs.

“Nous sommes en discussions avec le mouvement syndical pour trouver un terrain d’entente.  Plusieurs des revendications sont en cours de satisfaction et nous nous attachons à le leur démontrer en faisant, par exemple, l’état d’avancement des différentes primes des enseignants liées à leur statut. Il a ajouté : ‎” D’autres revendications souffrent d’un manque de communication et nous nous devons d’expliquer ce qui a retardé ou empêché leur satisfaction. Mais il reste un gros lot qui est celui de l’actualisation et de la revalorisation de la grille salariale.

 Il est évident que l’actualisation de la grille salariale s’impose. L’actuelle nomenclature ne correspond plus à la réalité du terrain. Par exemple, le système LMD doit se refléter dans la grille, les différentes hiérarchies doivent être elle-même éclatée en sous-catégories.

 La grande incompréhension entre nous et les syndicats réside dans leur exigence d’une augmentation de salaire dans des proportions qui vont pratiquement du simple au triple.

 Nous essayons de faire comprendre aux syndicalistes qu’il serait très dangereux pour nous tous de procéder à une augmentation de salaires actuellement. Je crois que nous sommes tous conscients des difficultés économiques que nous fait traverser l’épidémie Ebola.

 Nous espérons que les syndicalistes en conviendront avec nous et que nous saurons trouver un équilibre entre leurs exigences et les possibilités de l’Etat”.

Mamadou Aliou Diallo, à Conakry

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