AFRIKIPRESSE-Conakry- Alors que le débat faisait rage entre opposition et pouvoir depuis que le président Alpha Condé avait déclaré que son pays financerait les élections générales à venir avec ses ressources propres , c’est un à un retournement de situation que l’on assiste depuis vendredi soir.
Dans un communiqué de la Présidence guinéenne, dont Afrikipresse.fr a reçu copie, il est indiqué clairement que la Guinée a adhéré depuis le fin décembre dernier ”au principe de financement par l’Union européenne du processus électoral… pour permettre d’assurer des élections libres et transparentes”
Cette marche en arrière du pouvoir Condé se justifie par ” les réalités financières, liées au coût de la lutte contre Ebola et au lourd impact de l’épidémie sur notre économie”, a déclaré le ministre guinéen des affaires étrangères, Loucény FALL.
C’est pourquoi, précise-t-il, ”la Guinée a d’ores et déjà adhéré, le 20 décembre 2014, au principe d’appui financier de l’Union européenne dans le cadre du processus électoral”. Pour cela, la Guinée continue à étudier avec ses partenaires internationaux, tous les appuis financiers et techniques permettant d’assurer des ”élections libres et transparentes”.
La tenue de scrutins libres, pluralistes et transparents est le fondement de tout régime démocratique, souligne le chef de la diplomatie guinéenne. A cet effet, ”le Gouvernement guinéen salue l’appui, notamment technique, de ses partenaires internationaux pour contribuer à garantir la totale transparence du processus électoral en Guinée”.
Au départ, le président guinéen, Alpha Condé affichait le ”principe de souveraineté”, qui indique qu’un ”Etat doit être capable de financer ses élections”.
L’Etat étant en déficit budgétaire, il invite désormais ”les missions d’observateurs internationaux à suivre la prochaine élection présidentielle, afin de pouvoir observer et valider la transparence et l’intégrité du processus”.
Selon des indiscrétions, les récents entretiens à Addis-Abeba et à Davos, entre le Président guinéen, Condé, et les représentants des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Union africaine, ont permis de faire fléchir le pouvoir de Conakry, afin d’accepter l’appui international, ”pour garantir des meilleures conditions de transparence et d’intégrité du processus électoral en Guinée”.
Récemment, Amadou Damaro Camara, député de la majorité présidentielle avait assuré que ”la communauté internationale peut être à tous les niveaux, mais nous finançons nous-mêmes les élections.”
Pour sa part, l’opposition n’avait pas accepté la première option , dénonçant le nationalisme affiché du pouvoir, et la ”mauvaise foi” du gouvernement sur la transparence de scrutins.
”Nous ne comprenons pas cette fermeture du gouvernement vis-à-vis du financement extérieur en ce qui concerne nos élections. Nous sommes déjà à un budget qui est en déficit. Nous sommes en train de rechercher des compléments de financement pour mettre en œuvre d’autres programmes de développement dans ce pays. Comment on peut s’affranchir de l’aide de la communauté internationale surtout quand c’est elle qui nous la propose ?”, s’interrogeait Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition.
Le debat sur la question est-il clos ?
Mamadou Aliou BM Diallo, à Conakry