Politique

Guinée: la tension monte avant la semaine de tous les dangers

Par Charles Kouassi12 avril 2015

L’opposition guinéenne reste déterminée à dénoncer l’insécurité. Elle entend manifester lundi 13, et paralyser les communes de la capitale guinéenne estimée à plus de 2,5 millions d’habitants. Et la tension monte aussi bien au sein de l’opposition que du pouvoir déterminé à maintenir l’ordre public.

Cette manifestation a une double particularité : d’abord, elle n’est pas politique, selon les organisateurs. Elle vise à dénoncer l’insécurité grandissante dans le pays. Ensuite, les opposants, au lieu de prendre un seul itinéraire, comptent envahir simultanément toutes les cinq mairies de Conakry, pour dire leur ras-le-bol.

A l’issue d’une réunion, les ténors de l’opposition ont pris de nouvelles stratégies indiquant à leurs militants les différents points de ralliement avant de converger à leurs mairies de tutelle.

”Le lundi 13 avril, tout Matoto, jeunes, hommes et femmes se réuniront à la mairie. Ce sera la même chose pour Kaloum, Matam, Ratoma et Dixinn”, a lancé Sidya Touré, leader de l’union des forces républicaines (UFR), à une foule mobilisée au siège de son parti, samedi.

Autre particularité, non de moindre, c’est le refus de l’opposition d’adresser des courriers aux autorités locales, les informant cette manifestation. « Nous ne pouvons pas adresser des courriers à des délégations spéciales illégales et illégitime, parce que nous ne les reconnaissons pas », a martelé Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition.
Le gouvernement ne laisse pas passer sous silence cette attitude de l’opposition qu’il qualifie de ”grave” et loin de toute démarche ”républicaine”.

Le ministre porte-parole du gouvernement prévient qu’en refusant d’observer les règlements en la matière, ”les organisateurs se privent et privent les forces de sécurité de la possibilité de faire la différence entre manifestants, badauds, loubards, casseurs, citoyens, riverains et autres”. C’est une façon de mettre ”délibérément en danger” les manifestants et les citoyens, affirme Damantang Albert Camara.
Pour lui, informer les autorités communales d’une manifestation, ce n’est pas une « fantaisie ou une coquetterie ». Ce n’est pas non plus, dit-il, un acte de reconnaissance.

Il s’agit avant tout, rappelle le ministre Damantang, d’un acte de précaution et de sécurisation de la manifestation. « Refuser de se soumettre à ces obligations constitutionnelles, c’est exposer intentionnellement mais cyniquement, à la fois les manifestants et les citoyens », conclu le gouvernement.

Jeudi 16 avril, l’opposition programme une autre marche sur la commission électorale pour dit-elle, faire « arrêter le processus en cours ».

Aliou BM Diallo

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