Sport

Handball ivoirien : ce que propose Ibrahiman Kamara pour la relance de la discipline

Par Adou Mel30 mars 2026

Candidat unique, Ibrahiman Kamara a été élu à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Handball (FIHB) le mardi 30 décembre 2025. Désormais patron du handball ivoirien pour les quatre prochaines années, il a pour objectif de relancer la discipline qui jadis, a fait la fierté de la Côte d’Ivoire. Afrikipresse.fr l’a rencontré au terme de la Supercoupe jouée le samedi 21 mars 2026 à Abidjan. Sa première grande sortie après sa brillante élection. 

-Afrikipresse.fr : Comment avez-vous trouvé la Supercoupe ?

Ibrahiman Kamara : La Supercoupe a été une grande réussite, à la fois sportive et organisationnelle. Pour une première sortie officielle, je suis particulièrement satisfait. Nous avons assisté à des finales de qualité, avec de l’engagement, du spectacle et un public au rendez-vous. Cela marque un signal fort : le handball ivoirien est prêt à se relever.

-Afriki : Sous quel signe avez-vous placé cet événement ?

HK : Nous avons placé cette compétition sous le signe du renouveau, de l’unité et du repositionnement institutionnel du handball. Le parrainage de la Présidente du Sénat, ainsi que la présence de personnalités comme le Président du Ministre-Conseiller Dr Albert Toikeusse Mabri, traduisent notre volonté d’inscrire le handball au cœur des priorités nationales.

-Étiez-vous surpris par l’engouement du public ?

Je ne dirais pas surpris, mais plutôt heureux et conforté. Le public ivoirien aime le handball. Il attend simplement de la qualité, de l’organisation et de la crédibilité. Dès qu’on lui offre cela, il répond présent. C’est un message clair pour nous : nous devons maintenir ce niveau d’exigence.

-Comment avez-vous trouvé les équipes qualifiées qui iront à l’assaut de l’Afrique ?

J’ai vu des équipes engagées, avec du potentiel et une réelle envie de bien faire. Il y a encore des ajustements à faire, notamment sur le plan tactique et physique, mais je reste confiant. Nous allons les accompagner pour qu’elles soient de dignes ambassadrices de la Côte d’Ivoire sur la scène africaine.

-Pourquoi le handball ivoirien est-il en difficulté depuis 20 ans ?

Les raisons sont multiples : problèmes de gouvernance, instabilité institutionnelle, manque de vision stratégique, faibles investissements dans la formation et absence de structuration durable. À cela s’ajoutent des conflits internes qui ont freiné l’évolution normale de notre discipline. Nous comptons faire de la mobilisation autour des questions essentielles c’est-à-dire : le développement de la discipline, la visibilité, la recherche du financement, la formation et l’organisation administrative.

-Êtes-vous conscient du défi qui vous attend ?

Oui, pleinement. C’est un défi immense, mais aussi une mission noble. Nous avons une situation avec quelques difficultés, mais pas irréversible. Avec de la rigueur, de la méthode et l’implication de tous les acteurs, nous pouvons redresser et redynamiser le handball ivoirien.

-Quelle est votre priorité pour la relance de la discipline ?

Ma priorité est claire : reconstruire les bases. Cela passe par la formation, la structuration des clubs, la relance des compétitions nationales et la crédibilisation de la gouvernance. Nous voulons faire du handball un véritable produit sportif attractif et durable.

-Il y a la formation des encadreurs…

C’est un chantier prioritaire. Aucun sport ne peut se développer sans formateurs de qualité. Le monde du handball est en pleine mutation (les Licences IHF). Nous allons continuer le programme de formation des entraîneurs, arbitres et encadreurs, en collaboration avec les instances internationales et des partenaires techniques : la CAHB et l’IHF.

-Comment mettre fin aux palabres et ramener le public ?

Il faut instaurer une nouvelle culture basée sur la discipline, la transparence et le respect des textes. Les intérêts personnels doivent céder la place à l’intérêt général. En parallèle, nous allons travailler sur l’image du handball : meilleure organisation, communication renforcée, spectacles de qualité. C’est ainsi que le public reviendra durablement. Les prix de Meilleurs joueurs et le prix de l’équipe Fair-Play sont des signaux importants.

-Comment résoudre le problème de moyens financiers ?

Nous allons nous y atteler avec détermination. Le financement du handball ne peut plus reposer uniquement sur les subventions. Nous allons essayer de diversifier nos sources de revenus en développant des partenariats solides, en rendant notre produit plus attractif pour les sponsors sur la base du travail bien fait.

Entretien réalisé par Adou Mel 

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires