De passage à Paris pour les derniers réglages du festival Rio Loco prévu du 17 au 21 juin 2015, Hervé Bordier, chef d’orchestre de ce rendez-vous des arts visuels et des musiques actuelles, a accepté de s’ouvrir aux lecteurs d’Afrikipresse.fr, au sujet de la 20ème édition de ce jamboree toulousain.
Hervé Bordier, comment présentez à nos lecteurs le festival Rio Loco ?
Le festival Rio Loco est le festival de Toulouse. Ce festival a deux vies en réalité. Il est né en 1995 sous le nom Garonne. Garonne festival s’appelait-il, du nom du fleuve qui traverse Toulouse. C’était donc un festival qui invitait d’autres fleuves comme le Mississipi, le Gange, la Volga et bien d’autres. C’est après 7 éditions qu’il est devenu Rio Loco. Et, il a commencé à inviter des pays comme le Cuba, le Brésil, le Mexique et le Sénégal puis l’Afrique du Sud. À mon arrivée en 2011 à la tête de ce festival, je l’ai entièrement ouvert au monde. En 2012, on a travaillé sur la langue, sur la lusophonie. Ensuite, ça été les Caraïbes et les Antilles. Et cette année nous fêtons les 20 ans du festival avec 4 grandes soirées thématiques sur l’Europe , l’Amérique, l’Afrique et l’Occitanie.
Quels seront les Africains invités pour cette édition du festival Rio Loco ?
On aura Yves Masekela de l’Afrique du Sud qui est déjà venu à Rio Loco il y a quelques années. Jupiter & Okwess international, un artiste Congolais qui fait du Rock. Et Vaudou Game, un groupe franco-togolais qui fait du funk.
Combien de festivaliers sont attendus cette année ?
Nous attendons environ 120 000 festivaliers, à raison de 25 000 personnes par jour, et ce sera à partir du 17 juin. Le 21 juin, à la fin du festival et à l’occasion de la fête de la musique, il y aura des shows éclatés dans toute la ville de Toulouse.
L’Afrique et Rio Loco, d’où vient l’histoire ?
C’est vrai que Rio Loco était un festival qui était plus latino, cependant en 2010, il y a eu l’Afrique du Sud, et ça été une édition fabuleuse. L’année du Sénégal a été également enrichissante. Cette année par exemple, nous présentons un sculpteur sénégalais qui est archi connu dans le monde, Ousmane Sow. Il était déjà venu en 1996, l’exposition de ses guerriers ‘’Noubas’’ a marqué les esprits. Ce qui l’a conduit l’année d’après sur le pont des arts à Paris. Nous ressortons ces sculptures qui ont été achetées par la mairie de Toulouse pour la première fois. Rio loco est un bien festival de la mairie de Toulouse.
Rio Loco est-il intégré à des circuits touristiques ?
Indirectement ! Mais Rio Loco reste un festival de Toulousains. Ce n’est pas un festival dit de festivaliers qui arrivent sacs au dos et repartent après. Les Toulousains sortent pour apprécier des artistes connus et surtout découvrir d’autres moins connus.
Rio Loco est donc un festival de découverte d’artiste ?
Voilà, c’est plutôt un festival pour des artistes à découvrir.
Vous avez fait un spécial Sénégal et Afrique du Sud, à quand un spécial Côte d’ivoire ?
Il y a une telle richesse artistique et culturelle en Afrique qu’on pourrait faire chaque année un spécial pour chaque pays et on ne s’en lasserait pas. L’Afrique à toujours enchanté Rio Loco et satisfait les curiosités artistiques et culturelles des Toulousains. Pour la Côte d’Ivoire, cela viendra un jour, nous le souhaitons. Pour l’instant nous ne savons même pas où nous irons l’année prochaine…
Combien d’artistes invités pour les 20 ans de ce festival que vous dirigez ?
Il y a 16 artistes invités.
Un tel festival, ça doit peser lourd financièrement ?
Rio Loco coûte environ 1 200 000€ supportés par la ville de Toulouse.
Diriger un tel festival, qu’est ce que cela représente en terme de volume de travail ?
C’est une dépense d’énergie qu’on ne calcule pas. C’est un maillage de réseaux. Moi, ce qui m’importe, c’est de transmettre des énergies, transmettre du sens. Il ne s’agit pas pour moi d’aligner des artistes. Vous voyez les statuts d’Ousmane Sow qui sont nées à Toulouse, elles ont fait de lui un sculpteur internationalement connu.
Quels sentiments particuliers vous avez pour ces 20 ans du festival Rio Loco ?
Rio Loco est une réussite comme Garonne l’a été. Il s’agit pour moi maintenant de me poser et de mieux réfléchir pour le futur. Pour ces 20 ans, nous voulons toujours restés dans la même veine et continuer à faire découvrir des artistes.
Rio Loco restera donc ce patchwork des arts et des cultures ?
Oui, il y a les arts visuels, il y a de la musique. Il y a beaucoup de spectacle pour les enfants. Rio Loco est un festival d’arts visuels, de musiques et de spectacle jeune public. Voilà les trois orientations de ce festival.
Après 20 ans, quel bilan faites vous ?
Le bilan ? Pour l’instant je suis dans l’action. Le festival est dans quelques jours, nous parlerons du bilan après le festival peut-être… le 21 juin. Pour l’instant, ce qui m’intéresse c’est de faire plaisir aux Toulousains. Le bilan et les perspectives, on verra plus tard. Pour l’instant place à la fête !
Entretien réalisé par Jean-Paul Oro à Paris.