Opinion

Influence russe en Afrique : un recul stratégique qui interroge Abidjan

Par La Rédaction19 mars 2026

Après une offensive diplomatique et sécuritaire marquée au Sahel, la Russie voit son influence s’éroder en Afrique. Entre retrait du groupe Wagner, promesses économiques non tenues et concurrence accrue de la Chine et des puissances occidentales, ce reflux interpelle jusqu’en Côte d’Ivoire, où les enjeux sécuritaires et géopolitiques restent centraux en 2026.

Un recul visible de la présence russe en Afrique

Depuis 2023, la stratégie africaine de la Russie connaît un tournant. La mort d’Evgueni Prigogine, ancien chef du groupe Wagner, a entraîné une restructuration des opérations vers l’« Africa Corps ». Mais sur le terrain, les résultats restent limités.

Au Mali, symbole de l’influence russe au Sahel, le retrait de Wagner en 2025 marque un échec. Malgré la présence de plusieurs milliers d’hommes, la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée. Le pays demeure un épicentre du terrorisme en Afrique de l’Ouest.

Une image dégradée auprès des populations africaines

Selon Afrobarometer (2024-2025), seulement 36 % des Africains jugent positivement l’influence russe, loin derrière la Chine (62 %) et les États-Unis (52 %). Cette perception contraste avec le discours officiel de Moscou.

Si certains pays sahéliens comme le Mali restent favorables, d’autres régions affichent une forte défiance. Cette disparité révèle une influence fragile, souvent liée à des régimes militaires isolés.

Des promesses économiques non tenues

Sur le plan économique, le bilan est encore plus critique. Les échanges entre la Russie et l’Afrique plafonnent à 24,5 milliards de dollars en 2024, contre plus de 355 milliards pour la Chine.

Pour des pays comme la Côte d’Ivoire, engagés dans une stratégie de diversification des partenariats, ce décalage souligne les limites du modèle russe, centré davantage sur le sécuritaire que sur l’investissement durable.

Du rêve sécuritaire au doute : l’Afrique de l’Ouest revoit ses alliances

À Abidjan, ce recul est observé avec prudence. La stabilité régionale reste une priorité, alors que les pays voisins engagés avec Moscou font face à une dégradation sécuritaire.

Dans un contexte de recomposition géopolitique, la Russie conserve des leviers d’influence, notamment informationnels. Mais son incapacité à tenir ses engagements économiques et sécuritaires pourrait durablement limiter son attractivité.

À terme, l’Afrique de l’Ouest pourrait privilégier des partenaires capables d’allier sécurité, investissements et stabilité, redéfinissant ainsi les équilibres d’influence sur le continent.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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