La Côte d’Ivoire forme chaque année des milliers de diplômés. Pourtant, pour une grande partie d’entre eux, l’insertion professionnelle ressemble davantage à un parcours d’obstacles qu’à une ascension sociale. Le chômage et le sous-emploi des jeunes diplômés interrogent la capacité du pays à valoriser son capital humain.
Dans les rues d’Abidjan, nombreux sont ceux qui cumulent diplômes universitaires et petits boulots. Commerce informel, prestations ponctuelles, emplois sans contrat: autant de stratégies de survie adoptées par des jeunes pourtant qualifiés.
« Le diplôme ne protège plus contre la précarité », constate Aïssata, diplômée en communication. Comme elle, beaucoup dénoncent des formations trop théoriques et un marché du travail fermé aux primo-demandeurs.
Cette situation révèle une contradiction majeure: alors que la Côte d’Ivoire affiche une croissance économique soutenue, celle-ci ne se traduit pas suffisamment par des emplois qualifiés accessibles aux jeunes. Le fossé entre l’université et l’entreprise reste profond.
Le sous-emploi des diplômés n’est pas sans conséquences. Il fragilise la cohésion sociale, nourrit le découragement et freine l’innovation. Une jeunesse instruite mais marginalisée représente un immense gâchis pour l’économie nationale.
Pour inverser la tendance, experts et acteurs de terrain appellent à renforcer l’orientation professionnelle, l’apprentissage, et les partenariats entre universités et entreprises. Sans ces ajustements, la promesse de l’éducation comme ascenseur social risque de perdre toute crédibilité.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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