AFRIKIPRESSE. Paris -Si le Secrétaire Général des Nations-Unies affiche une certaine satisfaction sur la promotion des femmes depuis la Conférence mondiale de Beijing , le Directeur Général de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a une autre lecture.
Dimanche dans un message à l’occasion de la Journée Internationale des Femmes (JIF), Ban KI-MOON, SG de l’ONU a lancé un appel en vue d’un nouveau programme de développement durable ainsi qu’à une élaboration des politiques et des investissements sociaux pour la génération future. « C’est en libérant le pouvoir des femmes que nous pourrons garantir l’avenir de chacun », a-t-il précisé. Le patron des Nations-Unies s’est félicité des avancées depuis l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing en 1995 : « Jamais autant de filles n’avaient eu accès à l’éducation. (…) Le nombre de femmes qui meurent en couches a été pratiquement réduit de moitié. Les femmes sont toujours plus nombreuses à diriger une entreprise, un gouvernement ou une organisation internationale ». Telle n’est pas la vision de l’OIT. Le bilan des progrès accomplis dans la mise en œuvre du programme d’action de la Déclaration de Beijing est mitigé, a indiqué cet organisme onusien. Le 6 mars 2015, à la question de savoir si les femmes qui travaillent « sont en meilleure posture qu’il y a 20 ans ? » le DG de l’OIF Guy RYDER a donné une affirmation nuancée. Face à l’interrogation à savoir « si les progrès ont répondu aux attentes de l’OIT ? », il a répliqué : « La réponse est résolument non. Nous devons faire preuve d’innovation, recentrer le débat et redonner la priorité au respect des droits des femmes au travail ». Dans un récent document, l’OIT a spécifié « l’écart salarial lié à la maternité », c’est-à-dire ce qui pénalise les femmes dans le monde, en plus et au-delà de l’écart salarial qu’elles connaissent déjà en tant que femmes ! Cet écart est d’autant plus important dans les pays en développement que dans les pays développés. Pour sa part , s’adressant à la foule au Vatican dimanche, le pape François a estimé que les femmes ont apporté une contribution essentielle à la société et ne doivent pas être marginalisées : « Pour nous, c’est l’occasion de réaffirmer l’importance des femmes et la nécessité de leur présence dans la vie. Un monde où les femmes sont marginalisées est un monde stérile parce que non seulement les femmes donnent la vie, mais elles ont aussi la capacité de voir au-delà des choses, elles voient au dessus et au-delà ».
James RAMAROSAONA