Opinion

Kényans envoyés en Ukraine : Nairobi accuse Moscou

Par La Rédaction11 février 2026

Le gouvernement kényan a jugé “inacceptable”, mardi 10 février, que des ressortissants soient recrutés sous de fausses promesses d’emplois civils en Russie puis envoyés combattre sur le front en Ukraine. Une visite diplomatique à Moscou est annoncée pour clarifier la situation. Cette affaire soulève des inquiétudes en Afrique, y compris en Côte d’Ivoire, sur les filières de recrutement opaques liées au conflit russo-ukrainien.

Recrutement de Kényans par l’armée russe : Nairobi hausse le ton

Le ministère kényan des Affaires étrangères accuse des réseaux liés à la Russie d’attirer des citoyens africains avec des offres d’emplois bien rémunérés, avant de les contraindre à signer des contrats militaires. Selon le numéro deux de la diplomatie kényane, Abraham Korir Sing’Oei, ces ressortissants sont ensuite déployés rapidement sur le front en Ukraine, souvent sans formation suffisante.

Le chef de la diplomatie, Musalia Mudavadi, prévoit une visite à Moscou en mars pour évoquer officiellement le dossier.

Des promesses d’emplois civils transformées en contrats militaires

D’après une enquête de l’AFP, plusieurs Kényans partis pour des postes de vendeurs, agents de sécurité ou sportifs ont été forcés de signer, en russe, des contrats avec l’armée. Les salaires promis, entre 920 et 2 400 euros, représentent des montants très élevés comparés aux revenus moyens en Afrique de l’Est.
Certains témoignages évoquent des pertes massives dans des unités composées en partie de recrues africaines, exposées aux frappes de drones.

Cette annonce fait suite à la mort de Kényans recrutés de force par l’armée russe et victimes de réseaux de recrutement. Plusieurs médias, dont l’AFP, ont montré récemment que des centaines d’hommes kényans, souvent sans passé militaire, se sont retrouvés, une fois arrivés en Russie, contraints de signer un contrat avec l’armée russe puis envoyés très rapidement sur le front en Ukraine, où nombre d’entre eux ont péri.

Un signal d’alerte pour les candidats à l’expatriation

Cette affaire met en lumière les risques de manipulation liés aux offres d’emploi internationales non vérifiées, en particulier lorsqu’elles concernent des pays engagés dans un conflit armé. Elle rappelle la nécessité pour les autorités et les plateformes de recrutement de renforcer les contrôles et l’information du public, afin d’éviter que des travailleurs étrangers ne soient piégés par de fausses promesses et engagés malgré eux dans des opérations militaires.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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