Culture

LU POUR VOUS by CoolBee Ouattara “Klédjèsson !” la face cachée de la crise ivoirienne dans l’Ouest

Par La Rédaction13 février 2026

“Klédjèsson ! Ou la face cachée de la crise ivoirienne dans l’Ouest” de Blaise Guéi Tiéoulé est un roman qui s’impose par sa force testimoniale et sa profondeur humaine. L’œuvre s’inscrit dans cette littérature de l’urgence et de la mémoire, née de la nécessité de dire ce que l’histoire officielle tait ou minimise.

Dans “Klédjèsson”, l’Ouest ivoirien n’est pas un simple décor, il est un personnage à part entière, meurtri, incendié, vidé de ses repères. Blaise Guéi Tiéoulé donne la parole à ceux que la crise a réduits au silence : paysans déracinés, femmes endeuillées, enfants errants, vieillards abandonnés à la brutalité des événements. La narration, volontairement âpre, restitue la violence sans artifice, mais toujours avec une profonde humanité.

“Klédjèsson !” se distingue par son refus de la simplification. Ici, il n y a ni héros absolus, ni coupables uniques. La guerre est présentée comme une mécanique implacable qui broie les individus, détruit les solidarités traditionnelles et laisse derrière elle un paysage de ruines physiques et morales. Le lecteur est plongé dans l’angoisse de l’exil, la peur permanente, la perte de la terre ancestrale, symbole de l’identité et de la survie.

Le roman joue un rôle fondamental de contre-discours. Là où les rapports institutionnels parlent de chiffres et de statistiques, Blaise Guéi Tiéoulé parle de vies brisées. Là où les communiqués officiels évoquent des “incidents”, l’auteur montre des maisons incendiées, des familles dispersées, des traumatismes durables. Cette confrontation entre la réalité vécue et le récit officiel confère à l’œuvre une portée politique et morale indéniable.

Sur le plan littéraire, “Klédjèsson!” adopte une écriture dense, parfois douloureuse, mais toujours maîtrisée. Le style, sans fioritures inutiles, sert un propos grave et nécessaire. Le roman rappelle que la littérature africaine contemporaine n’est pas seulement un espace de fiction, mais aussi un lieu de résistance et de transmission de la mémoire collective. Finalement, il n’est pas faux de dire qu’à travers ce récit se transmet une mémoire vive de la crise ivoirienne.

En donnant chair à la crise ivoirienne, “Klédjèsson!” contribue à la compréhension profonde des fractures sociales et historiques du pays. Il invite à la reconnaissance des souffrances, condition indispensable à toute réconciliation véritable.

“Klédjèsson!” ou la face cachée de la crise ivoirienne dans l’Ouest” de Blaise Guéi Tiéoulé. L’Harmattan Côte d’Ivoire. 2013, avec la contribution de OUATTARA Yassoungo Drissa (lu et résumé).

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