Politique

L’entretien : Cyrille ONA, MCD Gabon : « Le peuple est pris en otage dans une bataille familiale entre le PDG et l’Union Nationale»

Par Charles Kouassi20 février 2015

AFRIKIPRESSE – Paris. Le coordinateur du Mouvement Cohérent Démocratique du Gabon, Cyrille ONA s’est prêté aux questions de notre journaliste. Dans cet entretien, sans tabou ni langue de bois, il parle des objectifs de son mouvement.

AFRIKI PRESSE. Vous êtes le coordinateur du Mouvement Cohérence Démocrate du Gabon, comment se porte votre mouvement ?

Cyrille ONA : Nous enregistrons chaque jour, de nouveaux adhérents ; ce qui fait qu’en un mois à peine, nous sommes passés d’un groupe de réflexion à un mouvement citoyen. En effet, Cohérence Démocrate né de la diaspora gabonaise, est désormais présent sur le terrain au Gabon. Nous sommes donc très satisfaits de cette évolution.

Pouvez-vous nous parler de sa ligne politique et ainsi que ses principaux objectifs ?

Notre ligne politique est la démocratie participative. Il s’agit de donner la parole au peuple. Nous sommes convaincus que chaque gabonais peut être utile au débat politique. Chacun a son mot à dire, son opinion à faire valoir car ce pays est notre bien commun, notre vivre ensemble. Le Gabon a fait le choix de la démocratie dont la liberté d’expression est un principe fondamental, nous sommes là pour rappeler à tous les acteurs politiques d’être cohérents avec ce choix du peuple souverain. Aujourd’hui, le peuple est pris en otage par les anciens collaborateurs d’Omar Bongo Ondimba. Notre objectif est non seulement de sortir de cette bataille familiale PDG-UN (créé par d’anciens caciques du régime), mais également que les gouvernants prennent en compte les préoccupations des populations afin d’améliorer leur quotidien. Nous sommes pour que les dirigeants soient au service du peuple et non l’inverse.

Comment évolue le Mouvement Cohérence Démocrate sur le terrain ?

Le mouvement se déploie sur le territoire français et dans d’autres pays d’Europe d’une part, mais également au Gabon, par l’installation de cellules de réflexion et d’animation. Les Cafés Débats que nous organisons nous permettent de garder une proximité avec les gabonais, ce qui constitue un facteur de cohésion sociale. Nous sommes très présents également sur les réseaux sociaux notamment Facebook et Twitter. Cela donne la possibilité à chaque gabonais de voir nos actions, de nous lire et surtout d’échanger avec nous. Cette démocratie participative prouve à suffisance que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Nous sommes convaincus que seuls le dialogue et la concertation permettent de renforcer l’unité du peuple. Vous savez, c’est en discutant que l’on se rend souvent compte qu’on veut la même chose.

Quelle est la source de financement de votre mouvement ?

Les adhérents cotisent régulièrement et les participants aux Café Débats contribuent occasionnellement lors de ces rencontres.

Comment voyez-vous le programme de changement du Président Ali Bongo Ondimba ?

Le Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE) est un très bon plan pour développer le Gabon. C’est sa mise en œuvre qui pose problème. Les retards constatés aujourd’hui dans son exécution nous amènent à nous interroger sur la qualité de la ressource humaine . Il y a déjà eu des choses de faites, mais il reste beaucoup à faire. Pour les 5 ans de bilan, je dirai comme lui-même « peut mieux faire ».

Comment voyez-vous l’avenir du Gabon sous Ali Bongo Ondimba ?

Les mouvements d’humeurs constatés aujourd’hui dans plusieurs secteurs notamment l’éducation nationale et l’administration publique, sont de nature à rendre les plus optimistes d’entre nous un peu sceptiques. Il faut donc renouer avec le dialogue social et la concertation. Mais l’objectif principal du Président de la République doit être toujours l’amélioration des conditions de vie des gabonais. Le Président doit prendre la décision courageuse de faire entrer le pays dans une démocratie véritable. Cela passe notamment par une révision de la constitution avec une élection présidentielle et législative à deux tours, et deux mandats pas plus.
Croyez-vous sincèrement à sa réélection ?
Nul n’est devin vous savez. C’est une élection donc rien n’est joué d’avance. Chaque candidat à ses chances, c’est aussi ça la démocratie.

Parlez-nous de votre programme pour l’année 2015 ?

Cohérence Démocrate va poursuivre ses rencontres avec d’autres compatriotes de la diaspora gabonaise de France et dans le reste de l’Europe, au Canada et aux USA. Cette caravane de sensibilisation et de mobilisation trouvera son épilogue cet été à Paris avec un grand rassemblement de patriotes qui déciderons de la forme qu’ils souhaitent donner à ce mouvement et surtout la mise en place d’un bureau exécutif.

 

En tant coordinateur, avez- vous un message à transmettre à l’endroit de vos compatriotes Gabonais ?

 

A tous mes compatriotes je dis qu’il ne faut plus laisser le temps au temps car le temps est notre juge et nous sommes déjà en sursis. Notre pays a besoin de nous, besoin de ses filles et ses fils positivement agressifs et résolument déterminés pour la défense de la démocratie, de la paix et l’unité nationale. Nous ne pouvons pas être d’accord sur tout, mais les difficultés actuels et les défis de demain exigent que nous puissions dialoguer pour trouver ensemble les solutions idoines aux problèmes du quotidien. N’attendons pas que d’autres viennent construire le pays à notre place. Rassemblons-nous autour de Cohérence Démocrate car nous ne sommes pas condamnés à servir de faire valoir aux anciens collaborateurs du feu Président OMAR BONGO ONDIMBA. Aujourd’hui c’est à un conflit familial et à d:autres débats d’intérêts individuels que nous assistons au sein du PDG-UN. Le Gabon a suffisamment des femmes et des hommes intelligents, capables de trouver des solutions adéquates et durables aux problèmes du quotidien. Soyons la génération lucide et responsable, soyons démocrate et cohérent.

Entretien réalisé à Paris par Youcef MAALLEMI

 

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