En 2023, les autorités guinéennes ont mis en lumière des écarts massifs entre les revenus déclarés et estimés de sociétés minières liées à la Russie et à la Chine. Ces pratiques, dénoncées par le Conseil national de la transition (CNT), priveraient l’État de ressources cruciales pour le développement économique et social.
Des fraudes fiscales massives dans les mines de bauxite en Guinée
Selon les données du CNT, les multinationales opérant dans la bauxite et l’aluminium en Guinée, notamment RUSAL (via sa filiale COBAD) et CHALCO, auraient largement sous-déclaré leurs chiffres d’affaires en 2023. COBAD aurait déclaré 491 milliards de francs guinéens (GNF), contre un chiffre estimé à 5 681 milliards GNF. De son côté, CHALCO aurait déclaré 1 352 milliards GNF pour un volume estimé à 4 533 milliards GNF. Ces écarts représentent plusieurs milliards de dollars susceptibles d’échapper au Trésor public guinéen, dans un pays pourtant riche en ressources minières stratégiques.
Un manque à gagner critique pour l’économie guinéenne
Au total, les pertes pour l’État sont estimées à plus de 1,6 milliard de dollars. Sur 13 sociétés minières, seules quatre déclareraient l’intégralité de leurs revenus. Pour les économies ouest-africaines, y compris la Côte d’Ivoire, cette situation soulève des enjeux majeurs : gouvernance des ressources, transparence fiscale et souveraineté économique. Les revenus miniers constituent un levier clé pour financer les infrastructures, l’éducation et la santé.
Réformes attendues et enjeux pour la sous-région
Face à ces révélations, les autorités guinéennes appellent à une révision des conventions minières et à un renforcement des contrôles fiscaux. Le Premier ministre Bah Oury a fixé comme objectif pour 2026 la mobilisation des recettes non perçues dans le secteur.
Dans un contexte régional marqué par la concurrence des puissances étrangères, la question de la gestion des ressources naturelles devient centrale pour les États d’Afrique de l’Ouest. La Guinée, à l’instar de ses voisins, se trouve aujourd’hui à un tournant décisif : transformer ses richesses minières en véritable moteur de développement ou continuer à en subir les dérives.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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