À Anyama, on ne dit pas seulement « Madame le Maire ». On dit souvent « Maman Bamba ». Non par familiarité facile, mais par reconnaissance. Depuis plusieurs années, Fatima Bamba a fait du social son cheval de bataille et du cadre de vie son serment. Maire de la commune d’Anyama, Docteur Honoris Causa, Vice-présidente de l’UVICOCI en charge du cadre de vie et de l’environnement durable, elle incarne une génération d’élues qui refusent de choisir entre le cœur et les chiffres. Pour elle, une commune se mesure d’abord au sourire de ses enfants, à la sécurité de ses mères, à la dignité de ses anciens.
Le social, une méthode avant d’être un slogan
Chez Fatima Bamba, le social commence par le terrain. Marchés, cours communes, centres de santé, écoles : elle est de ces maires qui pensent qu’un bureau est une passerelle, pas une forteresse. Santé de proximité, appui à la scolarisation des jeunes filles, autonomisation des femmes par les coopératives, prise en charge des personnes vulnérables : chaque action part d’une écoute et finit par une solution. Son principe est clair : « On ne gouverne pas les statistiques, on sert des humains. »
Le cadre de vie, signature d’une Vice-présidente
À l’UVICOCI, sa voix porte au-delà d’Anyama. En charge du cadre de vie et de l’environnement durable, elle rappelle que la salubrité n’est pas un luxe. C’est la première médecine des quartiers populaires. Assainissement des caniveaux, lutte contre les inondations, reboisement urbain, gestion des dépôts sauvages : elle défend l’idée qu’une ville propre est une ville qui respecte ses habitants. Elle plaide pour que les communs périphériques du Grand Abidjan aient les moyens de leur croissance démographique. Car l’équité territoriale commence par l’eau, l’électricité et des rues praticables.
Anyama, plaidoyer pour la dignité
Eau, électricité, hydraulique : trois mots qui reviennent dans chacun de ses discours. Non pour se plaindre, mais pour planifier. Fatima Bamba sait qu’Anyama est la porte Nord d’Abidjan. Que des infrastructures nationales majeures y vivent. Que des milliers de travailleurs y dorment. Alors elle répète : « Une commune d’Anyama fort, c’est un Abidjan qui respire ». Elle demande des investissements, pas des faveurs. Des projets, pas des promesses.
La cohésion, l’autre chantier
Docteur Honoris Causa, elle porte cette distinction comme une responsabilité. Celle de rassembler. Dans une commune aux multiples communautés, elle fait du vivre-ensemble un acte politique. Elle dialogue avec les chefferies pour apaiser les conflits. Elle associe les guides religieux, les jeunes, les femmes aux décisions. Son credo : « Le développement ne prend que sur un sol en paix ».
La vision
Quand on lui demande sa vision, elle répond par une image : « Je veux qu’on dise d’Anyama : c’est propre, c’est sûr, c’est solidaire ». Pas pour un mandat. Pour les générations. Sa projection ne sera pas un bâtiment. Ce sera une culture : celle d’une administration qui descend de sa tour, celle d’une ville qui monte sans laisser les siens au bord de la route. Fatima Bamba a fait de la Mairie une maison. On y entre avec un problème. On en ressort avec une piste. On y parle attié, dioula, français. Mais on y entend une seule langue : celle du service. Le social en bandoulière. Anyama en héritage. L’histoire est en marche.
CoolBee Ouattara.