Politique

« La rébellion a commis des massacres en Côte d’Ivoire », Digbo Mathias, témoin à la Cpi

Par Charles Kouassi30 août 2017

Le Procès  de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé a repris à la Haye le lundi 28 aout 2017. Digbo Mathias ou témoin P 500, qui a ouvert le ballet des témoins pour cette reprise s’est montré offensif contre l’ex-rébellion ivoirienne dirigée par  Guillaume Soro, lors de son deuxième et dernier jour de témoignage (le mardi 29 aout 2017. Ndlr).

Devenu milicien dans l’Ouest du pays  après l’éclatement  de la rébellion en 2002, cet ancien aide-maçon était interrogé par Me Emmanuel Altit, l’avocat principal de Laurent Gbagbo,  sur les raisons qui l’ont poussé à prendre les armes aux côtés de l’armée régulière.  Digbo Mathias a laissé entendre que « c’est parce que les rebelles du Mouvement Populaire ivoirien du grand ouest (Mpigo) massacraient les populations civiles. C’était un mouvement rebelle qui s’apparentait au Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (Mpci) que dirigeait Guillaume Soro.  Ce mouvement était constitué de combattants venus du Libéria voisin. Et, à l’allure où allaient les choses, on aurait dit qu’il voulait exterminer toutes les populations de l’Ouest du pays. Ce mouvement a commis beaucoup de crimes », a répondu l’ex-milicien, dans un premier temps. Lorsque Me Emmanuel Altit lui demande en quoi  le Mpigo s’apparentait  au Mpci de Guillaume Soro, celui qui a rendu démission à son service pour se rendre à la Haye, se met à table. « Le Mpigo est une tentacule de la pieuvre qu’était le mouvement rebelle du Mpci dirigé par Guillaume Soro. Le Mpci est mouvement rebelle qui a attaqué Abidjan dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 et a tué des ivoiriens. Repoussée par les forces régulières, cette rébellion a massacré des populations civiles d’Abidjan à Bouaké où elle a installé sa base. Une fois à Bouaké, elle s’est mise à massacrer. Je pense que, c’est cette même folie meurtrière qui l’a conduite à créer une autre faction dans l’Ouest.  Et cette faction, c’était le Mpigo. Le Mpci a commis beaucoup de crimes », a révélé le témoin à la barre.  
 
« Maho Glofiéhi a recruté des réfugiés libériens au Flgo »
 
Digbo Mathias a également été interrogé par la défense de Gbagbo sur la composition du Front de libération du grand ouest (Flgo), une milice progouvernementale créée en 2003 par le chef de guerre Maho Glofiéhi (pour contrer le Mpigo) et qui l’avait recruté. Selon le témoin, seuls 27 combattant, dont lui, sont partis d’Abidjan pour Goglo (où était basée la milice). Mais, l’effectif a été complété par des jeunes recrutés sur place à Giglo par Maho Glofiéhi. Des jeunes parmi lesquels, des libériens recrutés dans les rangs «des réfugiés entrés en Côte d’Ivoire depuis la chute de Samuel Doé. Maho Glofiéhi est allé leur demander de nous aider à empêcher les rebelles de prendre la ville de Giglo», a, entre autre, révélé le témoin. Le témoin P 500 a terminé son témoignage mardi 29 août 2017 . Il a été aussitôt remplacé dans le box par le sergent-chef Boli Bi Balo. Ancien Fds en service l’Unité de commandement et de soutien (Ucs), Boli Balo était au Bataillon de commandement et parachutiste (BCP) au moment de la crise postélectorale de 2010-2011.

Jean-Hubert Koffo

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