À quinze jours de son « grand oral » devant les Nations Unies, l’ancien président sénégalais bénéficie d’un soutien de poids. Alpha Barry, ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso et ex-correspondant de RFI en Afrique de l’Ouest, vient de signer une tribune remarquée en faveur de sa candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU.
Il y a des soutiens qui comptent plus que d’autres. Celui qu’Alpha Barry vient d’apporter publiquement à Macky Sall est de ceux-là. Dans une tribune dont Afrikipresse a eu copie ce mercredi 8 avril 2026, l’ancien chef de la diplomatie burkinabè qui fut également correspondant de RFI en Afrique de l’Ouest prend la plume pour défendre avec conviction la candidature de l’ancien président sénégalais au poste de Secrétaire général des Nations Unies.
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Le ton est celui d’un homme qui a vu les choses de près. « Pour avoir moi-même exercé des responsabilités diplomatiques au plus haut niveau, j’ai eu l’occasion d’être un témoin privilégié de son leadership dans plusieurs enceintes africaines et internationales », écrit Barry. Un témoignage direct, qui tranche avec les déclarations de principe habituelles.
Un monde en crise, une ONU en quête de légitimité
Le diagnostic posé par l’auteur est sombre, mais lucide. Le multilatéralisme, selon lui, ne souffre pas d’un manque de structures, mais d’un déficit profond de confiance. Les guerres s’installent, les fractures géopolitiques se durcissent, et les institutions internationales peinent à faire autorité. Dans ce contexte, le choix du prochain locataire du 38e étage du siège onusien à New York devient, selon Barry, « l’un des grands tests politiques de notre époque ».
C’est dans cette perspective qu’il juge la candidature de Macky Sall non pas comme un geste de convenance envers un pair africain, mais comme une réponse cohérente à une demande réelle du moment. « Non par convenance, mais par lucidité », insiste-t-il.
Un parcours qui plaide pour lui
La tribune s’attarde sur ce qui fait, selon son auteur, la singularité du profil de Macky Sall : douze ans à la tête du Sénégal, une présidence de l’Union Africaine, une présence active dans les grands forums mondiaux, et désormais la direction du Centre Mondial pour l’Adaptation au changement climatique.
Sur les grands dossiers qui agiteront le mandat du prochain Secrétaire général, Barry rappelle les prises de position constantes de l’ancien chef d’État sénégalais : la réforme de l’architecture financière internationale, l’équité vaccinale révélée comme impérative par la pandémie de Covid-19, la justice climatique, ou encore les démarches diplomatiques menées en 2022 auprès de Moscou et Kiev dans le cadre de la guerre en Ukraine alors qu’il présidait l’Union Africaine. Il cite également son rôle dans l’admission historique de l’Union Africaine au G20, en septembre 2023.
« Un médiateur dans un monde polarisé »
Ce qui revient comme un fil conducteur dans la tribune, c’est la notion d’équilibre. Le prochain Secrétaire général de l’ONU devra, selon Barry, « pouvoir être entendu à Washington sans être disqualifié à Pékin, respecté à Bruxelles sans perdre sa crédibilité à Addis-Abeba ». Un équilibre difficile à tenir, et qui suppose une trajectoire politique exempte d’alignement trop marqué sur l’un ou l’autre bloc.
C’est précisément, plaide-t-il, ce que représente Macky Sall : une personnalité qui a su dialoguer avec les grandes puissances comme avec les pays émergents, avec le Nord comme avec le Sud, sans jamais sacrifier son autonomie de parole.
Le 22 avril, l’heure du grand oral
La tribune d’Alpha Barry intervient à un moment stratégique. Le 22 avril prochain, Macky Sall passera devant les États membres et la société civile réunis dans la salle du Conseil de tutelle de l’ONU, à New York, dans le cadre des dialogues interactifs organisés par l’organisation pour évaluer les candidats au poste de Secrétaire général.
Selon le programme officiel arrêté au 1er avril 2026, quatre candidats sont convoqués sur deux jours. Le 21 avril, ce sera d’abord l’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet le matin, puis le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Mariano Grossi l’après-midi. Le 22, Rebeca Grynspan, actuelle Secrétaire générale de la CNUCED, ouvrira la journée, avant que Macky Sall ne prenne place à 15h pour clore la série.
Chaque candidat dispose du même format : une déclaration introductive, suivie d’une session de questions-réponses. Trois heures, pas une de plus, pour convaincre.
Il convient de préciser que ces auditions ne valent pas vote. Elles servent à structurer les positions diplomatiques avant que le Conseil de sécurité ne formule sa recommandation, laquelle sera suivie d’une nomination formelle par l’Assemblée générale. Mais dans la course au poste le plus convoité de la diplomatie mondiale, une tribune remarquée signée par un ancien ministre des Affaires étrangères et diffusée à quinze jours du grand oral ne se range pas dans la catégorie des détails.
La tribune d’Alpha Barry est disponible dans son intégralité sur Afrikipresse.
Philippe KOUHON