Le PPA-CI a officiellement choisi de boycotter les législatives du 27 décembre 2025 pour n’avoir pas obtenu le report de la date du scrutin annoncé plusieurs semaines avant même l’élection présidentielle, (sans qu’on sache si une requête formelle a été adressé à la CEI dans ce sens). Pendant ce temps, des figures proches de Laurent Gbagbo, et non des moindres, ont déposé leurs candidatures. Quel peut être l’impact de ces candidatures dissidentes ou indépendantes ?
Des candidatures en rupture avec la position du Comité central
Malgré la décision du PPA-CI de ne pas participer aux législatives 2025, des personnalités connues de la galaxie Gbagbo ont fait acte de candidature, parfois en indépendants, parfois sous l’étiquette EDS. Une situation qui interroge sur la cohésion interne du parti et sur les enjeux stratégiques de l’opposition.
Parmi les candidats figure Blaise Lasm. Malgré sa détention préventive, il a déposé son dossier pour être candidat aux législatives du 27 décembre 2025, d’autant plus qu’il n’est frappé d’aucune peine pouvant le rendre inéligible. Autour de lui, d’autres figures pro-Gbagbo ont également franchi le pas. On compte notamment : Georges Armand Ouégnin, personnalité influente de la plateforme EDS ; Antony Garoud, acteur politique de premier plan dans son fief ; Youté Innocent, député et cadre reconnu ; Séhi Gaspard, qui s’est retiré de la candidature PPA-CI mais pourrait être maintenu sous bannière EDS pour un éventuel recours au Conseil constitutionnel ;
Séri Hortense Emma, présidente de la Ligue des Femmes du PPACI , candidate indépendante dans la circonscription 151 (Grand-Zattry commune et sous-préfecture) ; Dalli Arthur Prince Richard, maire de Lakota,
candidat indépendant dans la circonscription 132 (Lakota commune et sous-préfecture) ; Stéphane Kipré, lui aussi candidat indépendant dans la circonscription 101 (Goguhé et Zaïbo).
Logiques locales et personnelles face aux enjeux nationaux
Derrière ces candidatures, les motivations varient, même si un fil conducteur se dessine : l’impossibilité, pour certains leaders locaux, de renoncer à une présence électorale dans leurs zones d’influence. Ils invoquent le risque de perdre leur implantation, leur légitimité ou leur capital politique en se retirant du jeu, même si cette thématique n’a pas pu adoucir la posture rigide du PPACI dont le compte central a endossé la colère de Laurent Gbagbo à la fois contre le nouveau mandat du Président Alassane Ouattara, et surtout l’attitude de l’allié du front commun Tidjane Thiam.
Un défi politique adressé au PPA-CI et à Laurent Gbagbo
Au-delà des enjeux locaux, ces décisions constituent un défi silencieux à l’autorité du Comité central. Elles mettent en lumière une tension structurelle dans le camp pro-Gbagbo : une direction nationale unie autour d’une stratégie de boycott, face à des cadres de terrain soucieux de leur survie politique et de leur influence électorale. Dans le même temps, Katina Koné, Danon Djedjé, Hubert Oulaye et autres font montre d’une fidélité à toute épreuve.
La publication des candidatures reçues le 19 novembre 2025 constituera un moment de vérité. Elle permettra de mesurer l’ampleur de cette fronde interne et ses impacts sur l’avenir du PPA-CI.
Ne donnent-ils pas raison à Ahoua Don Mello et à ceux qui ont proposé le compromis ou un plan B au sujet de la présidentielle..
En déposant leurs candidatures malgré la décision du Comité central du PPACI, ces cadres pro-Gbagbo posent des questions fortes. Quelle
unité pour l’opposition lorsqu’un parti majeur opte pour le retrait, mais que certaines de ses figures les plus enracinées choisissent la compétition ? Pourquoi n’ont-ils pas poussé plus loin le débat en interne ? Ne donnent-ils pas raison à Ahoua Don Mello et à ceux qui ont proposé le compromis ou un plan B au sujet de la présidentielle du 25 octobre 2025 ?
Charles Kouassi