À deux semaines des élections législatives de 2025, la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (CNRCT) a mené une rencontre d’apaisement à Issia, appelant à la paix, à la responsabilité et au rejet de la violence.
La CNRCT a organisé, le samedi 12 décembre 2025, une rencontre d’apaisement à Issia, dans la salle des fêtes de la mairie. Conduite par Gbizié Lambert, 2ᵉ vice-président du directoire, la délégation s’est entretenue avec les autorités administratives, les chefs traditionnels ainsi que les populations locales, dans un climat d’écoute et de sensibilisation à la paix.
Au cœur de son intervention, Gbizié Lambert a lancé un appel appuyé à la jeunesse, l’invitant à se tenir à l’écart de toute manipulation politique et à rejeter fermement la violence. « Ne cédez à aucune forme d’instrumentalisation, rejetez la violence sous toutes ses formes et demeurez les gardiens de la stabilité du pays. Votre avenir est trop précieux pour être mis en péril par les calculs ou les passions du moment », a-t-il exhorté.
Cette initiative s’inscrit dans une mission nationale d’apaisement et de prévention, menée du 9 au 15 décembre 2025, en vue de garantir des élections législatives sereines et inclusives. Elle concerne particulièrement les zones ayant enregistré des violences lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, notamment Nahio (Issia), Grand-Yapo (Agboville) et Kami (Yamoussoukro).
À l’approche du scrutin, le chef de délégation a rappelé les valeurs cardinales de la Nation : « La paix, la cohésion, le respect de la dignité humaine, l’unité et l’intérêt supérieur du pays constituent la colonne vertébrale de notre Côte d’Ivoire. Ce patrimoine commun doit être préservé avec responsabilité et lucidité. »
À l’endroit des acteurs politiques, le message a été sans équivoque : les discours et les comportements doivent contribuer à l’apaisement du climat social, en plaçant l’intérêt national au-dessus de toute considération partisane.
Gbizié Lambert a également mis en avant le rôle central des rois et chefs traditionnels dans la préservation de la stabilité : « Nous sommes les gardiens de la cohésion et de la paix. Notre proximité avec les populations, dans chaque village et chaque famille, est un levier essentiel pour prévenir les tensions et renforcer la confiance. »
Pour sa part, le préfet du département d’Issia, Jean Brice Trah Bi Koué, a salué cette démarche et appelé à traduire les paroles en actes concrets. « La paix est un bien fondamental. Nous avons déjà vécu les conséquences de son absence », a-t-il rappelé, invitant particulièrement les jeunes à faire preuve de responsabilité.
Il a souligné que la politique est passagère, tandis que les communautés demeurent, exhortant chacun à privilégier l’intérêt collectif et à éviter les excès. Le préfet a par ailleurs évoqué les défis du développement local, appelant à une mobilisation en faveur de l’autonomie économique et de la cohésion sociale.
Qualifiant l’initiative de la CNRCT de « signal fort d’apaisement », il a exprimé sa gratitude à la délégation pour ce geste de solidarité envers les chefs traditionnels et les populations.
Dans le cadre de cette mission, la délégation s’est rendue à Nahio, localité durement éprouvée par les violences post-présidentielles. Cette visite visait à témoigner de la compassion de l’institution traditionnelle et à renouveler l’appel à la réconciliation, à la paix et à la cohésion sociale.
Beker Yao