Société

Les 2 ivoiriennes battues au Maroc en situation de dénuement total : cri du coeur de l’avocat Koudou Dogo

Par Dasse Claude7 novembre 2017

Inscrit au barreau d’Abidjan, Me Martin Koudou Dogo, le Conseil des deux Ivoiriennes séquestrées au Maroc, revient sur le dossier. Présentement en Côte d’Ivoire, l’avocat international qui a passé plus de 24 ans au barreau de Nice met l’accent, dans ce bref échange réalisé le 6 novembre 2017, sur la situation de précarité dans laquelle vivent ses clientes, à quelques jours de la réouverture du dossier. Il en appelle à l’aide.

Vous êtes l’avocat des deux jeunes dames ivoiriennes qui avaient été séquestrées dont l’image avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Nous savons que vos clientes ont été convoquées pour le 15 de ce mois de novembre devant le juge en charge de l’affaire. Aujourd’hui, où en sommes-nous avec ce dossier ?

Le dossier des dames ivoiriennes se déroule très bien. Je veux dire qu’il est suivi de très belle manière par un juge d’instruction qui a été désigné par le parquet de Casablanca. Une instruction est en cours. Vous conviendrez avec moi que je ne vais pas entrer dans les détails de cette instruction, mais dans tous les cas, elle se déroule bien. Ces femmes vont être entendues de nouveau le 15 novembre prochain date à laquelle, je serais moi-même au Maroc pour les assister, comme j’avais promis de le faire, de façon gratuite. Je m’y suis engagé. Donc, c’est en ce moment là, que nous verrons, bien évidemment comment évoluent les choses mais pour l’instant, tout se passe bien.

Bien avant, pouvons-nous avoir une idée de la situation de ces dames?

Je dois avouer qu’elles sont dans le dénouement complet. Moi je suis avocat, je me dois de dire ce que j’ai constaté. Elles sont dans le dénuement complet, bien évidement, en tant qu’avocat, je fais ce que je peux faire pour les aider sur le plan juridique et judiciaire. Mais j’en appelle à nos autorités d’apporter toute l’assistance et toute l’aide nécessaire dont ont besoin ces femmes parce que bien avant tout, ce sont nos compatriotes, ce sont nos sœurs et je crois qu’elles méritent d’être aidées.

Lorsque vous parlez de ‘’toute assistante, toute l’aide’’, à quoi faites-vous allusion, exactement ?

Moi, j’ai décidé de les défendre gratuitement, je ne peux donc pas dire qu’il faut une assistance judicaire parce que moi-même qui vous parle déjà, j’ai accepté de les défendre gratuitement et jusqu’aujourd’hui, je le fais sans qu’elles m’aient payé le moindre centime. Je demande à l’État de les aider sur un plan financier, de les aider à avoir un appartement décent, de les aider à se faire soigner…jusqu’à ce que le procès ait lieu. Parce que je vous indique que nous sommes dans le cadre d’une instruction qui risque d’être longue, et ces femmes qui ont vécu ces choses qui sont atroces, que je ne souhaite à aucune femme au monde, ont besoin d’être aidées. C’est vrai qu’elles ont besoin d’une aide morale et psychologique, mais également elles ont besoin d’une aide matérielle, parce que je vous dis qu’elles sont dans le dénouement complet.

Claude Dassé

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