Dans cet autre décryptage l’analyste et consultant Kalilou Coulibaly parle des combines de couloir qui rattrapent le PDCI-RDA. Il explique pourquoi il y’a problème dans le parti.
Alors que le PDCI-RDA tient un Bureau politique crucial mardi 19 décembre 2023, Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur, MBA, DESS in business administration, analyse les enjeux du report du congrès extraordinaire qui devait avoir lieu le samedi 16 décembre 2023.
1- Les deux images d’un même visage.
Il y a eu protestation parce qu’il y avait matière à protester, la pratique démocratique à l’occasion de l’organisation du congrès électif du président du PDCI, ouvre un paradoxe dans l’interprétation et l’application des textes qui règlent son fonctionnement.
Cette situation donne deux images d’un même visage du PDCI qui pose la problématique de notre analyse. L’image qu’il fallait, est celle qui a permis au président par intérim d’être en poste et de fixer la date du congrès.
L’image qu’il ne fallait pas, est l’orchestration de la combine contre les textes pour préserver la succession à l’oligarque. Pourtant, la démocratie qui est le fondement de la liberté d’appartenance, et d’agir du peuple, est partie intégrante de l’acronyme du PDCI.
Le choix du nom de ce parti, a été une décision déterminée c’est-à-dire raisonnée de FHB, pour garantir à tous, talentueux ou pas ayant du potentiel, et conformes aux valeurs de l’objet de la création du parti, de compétir à chance égale à l’exercice de conquête de la présidence, dans la cohésion et le respect mutuel.
Cependant, cette protestation qui s’est déportée en justice, traduit une fracture entre deux camps, et cette situation pose un problème à notre conscience, de ce fait l’on se demande sur le bien fondé du militantisme, si à un moment donné, ce parcours doit être limité par un plafond de verre que, seuls des privilégiés ont le secret de franchir.
Ce contexte du congrès expose le problème de la fracture doctrinale, issue de la double lecture d’un même texte que l’on peut théoriser de monarchie démocratique à la pdciste.
2- Les neo-démocrates du PDCI.
Cette forme néo-démocratique que le PDCI vient d’expérimenter , s’oppose à notre compréhension de la démocratie universaliste qui favorise la confrontation des valeurs, ne nous autorise pas à comprendre et suivre avec lucidité sans être inquiétés, où sans subir les effets de cet accident démocratique.
Pourtant, ces textes légués par FHB présentent la souplesse d’une base démocratique, la matérialité est qu’ils ont permis l’intérim, et la fixation de la date du congrès mais, tels que interprétés par la suite, cela montre qu’ils peuvent varier et céder à l’influence de considération subjective, dont aujourd’hui nul en ignore les facteurs de contingence capables de faire subir aux textes des torsions, dans le but d’imposer un président du parti contre toute autre considération.
Cette attitude excessive qui à valu l’annulation du congrès, est la conséquence du sabotage des textes, de la dénégation des procédures, et des actes ayant conduit à la présidence intérimaire.
Cette temporalité n’accorde pas plus de crédit au président intérimaire qu’il en a, au point de se croire capable de se s’inviter activement dans la jeu électoral, plutôt que d’assumer la responsabilité qui est la sienne, manifestée par une neutralité de jugement à titre d’observateur à cette élection.
Malheureusement, dans ce contexte du congrès, le remord decoulant est l’introduction insidieuse des règles de jeu non codifiées dont, seul le collège électoral en a connaissance, qui vient plonger le parti dans l’incertitude, et la perte du contrôle de son autonomie dans l’organisation de cette élection, parce que son comportement y a invité la justice.
3- La justice ivoirienne blanchie enfin.
La justice qui a donné droit aux plaignants contre la tenue du congrès, confirme qu’elle peut fonctionner en urgence pour donner raison à une minorité sur l’opportunité de poursuite, et cela augure la maturité de notre justice contre un mode de commandement considéré d’injuste.
Cette décision de justice diversement interprétée, dont certains y voient une main occulte à cause de la célérité de la décision d’annulation, et pour d’autres, bien fondée parce que les critiques sur la date de communication de la liste et les irrégularités constatées, sont des motifs suffisants pour réclamer une annulation.
Le point de convergence entre ces deux tendances, est qu’aucune d’elle ne nie la combine qui s’est cachée derrière cette liste de candidature, avec l’impossibilité d’ouvrir le contentieux si le congrès avait lieu le 16 décembre.
Il est vrai que, les pouvoirs ont toujours fonctionné avec la domination, mais celle qu’a voulue le PDCI à travers des combines de couloir pour imposer sa préférence, consistait à rendre le cheminement devant conduire à l’élection du président obscur aux candidatures dont il n’en voulait pas.
Mais cela a fini par poser, exposer et opposer au comité électoral une noyade dans son monde particulier qu’il a bâti pour désigner le président de son parti.
Ce processus deformateur de l’éthique qui, consistait à imposer un candidat, s’est mué en maladresse politique exposant ainsi, le PDCI à un fracas d’echec collectif politique sur lequel , il ne peut y avoir la moindre victoire personnelle.
La déclaration du président par intérim aujourd’hui le 18 décembre 2023, à reconnaître ses fautes, après avoir été contraint, porte plus les stigmates de l’impuissance que de la bravoure. Cependant, il a le mérite d’admettre les erreurs organisationnelles qui blanchissent la justice ivoirienne.
Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA. Ingénieur, MBA, DESS in business administration.