Sélectionneur de l’équipe nationale A du Maroc depuis 2022, Walid Regragui vit ses dernières heures à la tête des Lions de l’Atlas. Même si la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) n’a pas encore officiellement communiqué, la succession du technicien marocain est déjà actée selon nos informations. Une nouvelle page s’ouvre pour le football marocain, avec en ligne de mire l’arrivée annoncée de José Mourinho après la Coupe du monde 2026.
Mohamed Ouahbi pour l’intérim, Mourinho en ligne de mire
L’idylle née en 2022 entre Walid Regragui et la fédération marocaine s’est pratiquement achevée au lendemain de la CAN 2025, disputée à domicile, conclue par une défaite en finale face au Sénégal. Malgré ce parcours honorable, la gestion du tournoi par le sélectionneur a profondément déçu ses dirigeants.
Selon nos sources, le natif de Corbeil-Essonnes (France), âgé de 50 ans, est remplacé par son compatriote Mohamed Ouahbi, récent vainqueur du Mondial U20 2025, qui assurera l’intérim jusqu’à la Coupe du monde 2026. L’objectif de la FRMF est clair : confier ensuite les rênes de la sélection A à José Mourinho à l’issue du Mondial.
Pour les deux rencontres amicales prévues en mars contre l’Équateur à Madrid et le Paraguay à Lens, le banc des Lions de l’Atlas sera occupé par Mohamed Ouahbi, assisté du Portugais João Sacramento, ancien adjoint de Mourinho à l’AS Roma et à Tottenham Hotspur.
Une CAN 2025 mal digérée
La FRMF reproche principalement à Walid Regragui sa gestion jugée défaillante de la CAN 2025. Le sélectionneur aurait notamment convoqué pas moins de onze joueurs diminués physiquement, parmi lesquels Eliesse Ben Seghir, Sofyan Amrabat, Hamza Igamane, Anass Salah-Eddine ou encore Oussama Targhalline. Le cas le plus préoccupant demeure celui du gardien Munir El Kajoui, appelé malgré une blessure à la clavicule.
Une communication devenue problématique
Au-delà de l’aspect sportif, c’est également l’attitude du sélectionneur qui a fini par agacer. Depuis la demi-finale historique du Mondial 2022 au Qatar, Walid Regragui n’a cessé de mettre en avant cet exploit, allant jusqu’à se présenter comme le meilleur sélectionneur de l’histoire du Maroc. Une posture jugée arrogante par une partie de l’opinion publique.
Ses relations avec les supporters se sont progressivement détériorées, chaque sortie médiatique donnant lieu à des échanges tendus. ” Walid Regragui est devenu trop imbu de sa personne. Pour lui, une demi-finale de Coupe du monde vaut plus qu’un sacre continental. Trop, c’est trop », confie un journaliste marocain bien connu de la scène africaine.
Fin d’un rêve mondial, cap sur le Golfe
Le rêve de disputer un second Mondial avec son pays s’est définitivement brisé pour Walid Regragui. La fédération lui impute la responsabilité principale de l’échec à la CAN 2025 et n’a pas souhaité lui accorder une nouvelle chance. Le divorce, présenté comme « à l’amiable », est désormais consommé. L’ancien sélectionneur regarde désormais vers le Golfe, où plusieurs clubs seraient déjà entrés en contact avec lui.
Une nouvelle politique technique jusqu’en 2030
La FRMF a engagé une profonde réorganisation de son encadrement technique. Désormais, les sélections nationales seront confiées à des entraîneurs expatriés jusqu’en 2030. Un technicien français dirige déjà les U20, tandis qu’un Portugais a la charge des U17.
À Rabat, on assure que João Sacramento joue actuellement un rôle d’éclaireur en attendant l’arrivée de José Mourinho, dont la présence à ses côtés serait une exigence non négociable. Le Maroc a tourné la page Regragui. Une ère nouvelle se dessine, avec l’ambition assumée de franchir un cap définitif sur la scène mondiale.
Adou Mel