Société

Litige foncier ou escroquerie : Adjo Mobio Annick sous contrôle judiciaire, passeport confisqué 

Par Charles Kouassi7 mars 2025

Un différend foncier oppose Mme Adjo Mobio Annick à M. Issouf Doumbia à propos d’un terrain de 1 200 m² situé à Bonoumin. Acquis en 2016 par M. Doumbia auprès de la famille Adjo, le terrain a fait l’objet d’une vente en bonne et due forme, avec une procuration établie en 2013 par la notaire Me Chantal Hiba-Achi, mandatant Mme Zogbo Yé Barbe, veuve de Feu Aka Adjo, pour représenter la famille dans les transactions foncières. Cette procuration confiait à M. Bli William Marcel la gestion de la vente des biens immobiliers de la famille.

La cession a été finalisée en 2018 devant Me Kouamé Koffi Athanase, notaire, et M. Doumbia a obtenu son Arrêté de Concession Définitive (ACD) en février 2019. L’ensemble des membres de la famille, y compris Mme Adjo Mobio Annick, était concerné par la transaction.

Une contestation et une escalade judiciaire

Malgré la régularité de la vente, Mme Adjo Mobio Annick a exprimé des réserves, estimant ne pas avoir reçu sa part du produit de la cession. Plutôt que de s’en tenir aux  procédures devant la  justice, elle a engagé une pression médiatique  sur M. Doumbia, cherchant à remettre en cause l’acte de vente.

Les tensions ont conduit à une plainte déposée par M. Doumbia contre Mme Adjo Mobio Annick pour calomnie, escroquerie et chantage. Son conseil affirme qu’il a été sollicité à plusieurs reprises et qu’il a versé 10 millions de francs CFA à Mme Adjo Mobio Annick, pensant ainsi mettre un terme aux revendications. Malgré ce paiement, les sollicitations auraient persisté, prenant de l’ampleur avec la diffusion d’une vidéo. Dame Adjo espérait ainsi profiter de l’émotion au sein de l’opinion publique sur la question du foncier. 

Une intervention judiciaire et un contrôle strict

À son arrivée à Abidjan le mercredi 5 mars 2025, Mme Adjo Mobio Annick a été interpellée. Elle a été libérée sous contrôle judiciaire, avec confiscation de son passeport. L’enquête en cours permettra d’entendre plusieurs parties, notamment le plaignant et un intermédiaire soupçonné d’avoir orchestré les contestations récentes. Cet intermédiaire, détenteur d’une procuration de 2022, cherche à remettre en cause la transaction de 2016, bien que le reste de la famille ne se soit pas opposée à la vente initiale. L’enjeu semble être d’obtenir une nouvelle compensation financière de M. Doumbia en exploitant les récentes tensions foncières dans l’opinion publique.

Respect des institutions

Le tribunal a débouté Mme Adjo Mobio Annick de ses revendications et a délivré un certificat de non-appel de la décision. Cette affaire relève les tensions autour des transactions foncières et rappelle l’importance du recours aux voies judiciaires appropriées pour régler les différends, plutôt que d’instrumentaliser l’opinion publique. La confiance dans les institutions judiciaires, le respect des procédures légales, bien entendu l’intégrité de la justice ainsi que des animateurs de l’institution judiciaire, demeurent essentiels pour garantir la stabilité et la sécurité des transactions immobilières en Côte d’Ivoire, dont les conflits n’épargnent aucune catégorie de la population.

Charles Kouassi 

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