Culture

LU POUR VOUS By CoolBee Ouattara || “Les nègres n’ iront jamais au paradis” – Tanella Boni

Par La Rédaction16 octobre 2025

Publié en 2006 aux Éditions Le Serpent à Plumes, ‘’Les nègres n’ iront jamais au paradis’’ de Tanella Boni est un roman qui, sous un titre volontairement provocateur, explore les fractures identitaires, les humiliations héritées de l’histoire coloniale et les violences contemporaines liées aux migrations.

Le récit s’articule autour de la trajectoire de migrants africains, anonymes ou à peine nommés, pris entre la misère de leur quotidien, les mirages d’un Occident idéalisé et l’hostilité qu’ils rencontrent sur leur chemin. Le « paradis » du titre symbolise autant l’Europe fantasmée que l’au-delà spirituel : deux espaces où, selon la logique impitoyable des rapports de domination, les Noirs semblent condamnés à rester des exclus.

Le roman devient ainsi un cri collectif contre l’injustice et l’invisibilisation des vies africaines,

Avec une écriture à la fois poétique et incisive, Tanella Boni construit un texte polyphonique, fait d’éclats de voix, de fragments de mémoire et de silences. Elle refuse la linéarité pour mieux dire la fragmentation des destins, la brutalité des frontières et l’érosion des rêves. Le roman devient ainsi un cri collectif contre l’injustice et l’invisibilisation des vies africaines, que ce soit dans les ghettos urbains, aux marges des métropoles occidentales ou dans les eaux meurtrières de la Méditerranée.

L’intérêt majeur de l’œuvre réside dans son articulation entre l’ intime et le politique : derrière chaque histoire de départ ou de déracinement se lit une critique implacable des systèmes qui fabriquent l’exclusion et condamnent à l’errance. La figure du migrant, loin d’être héroïsée, est humanisée dans sa vulnérabilité, ses doutes et ses aspirations.

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Ainsi, ‘’Les nègres n’ iront jamais au paradis’’ s’impose comme une œuvre forte et nécessaire, où la littérature se fait mémoire et résistance. Tanella Boni y rappelle que les mots peuvent briser le silence imposé aux damnés de la terre, et que la dignité reste la dernière frontière qu’aucune oppression ne saurait abolir.

‘’Les nègres n’ iront jamais au paradis’’ de Tanella Boni, Éditions ‘’Le Serpent à Plumes’’. 2006 avec la contribution de Ouattara Yassoungo Drissa (Lu et résumé).

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