“L’Odeur des arbres et autres pièces” de Koffi Kwahulé regroupe trois textes dramatiques : “L’Odeur des arbres”, “Un doux murmure de silence” et “Le Jour où Ti’zac enjamba la peur”. Ces pièces, dans leur diversité formelle, sont traversées par une même quête: dire la violence sourde du monde contemporain et la possibilité de renaître par la parole, l’art ou l’imaginaire.
D’abord, dans “L’Odeur des arbres“, l’auteur explore la mémoire et la persistance des blessures, celles des individus comme celles des sociétés. Les arbres, figures symboliques, condensent à la fois la mémoire des ancêtres et les cicatrices du présent. Le texte déploie un théâtre de la densité poétique où chaque mot agit comme une pulsation mémorielle.
Ensuite dans, “Un doux murmure de silence” met en scène l’attente et l’absence, révélant combien le silence peut être à la fois refuge et enfermement. Ici, Kwahulé donne corps à la fragilité humaine, exposant l’âme dans ses tremblements les plus intimes.
Enfin, “Le Jour où Ti’zac enjamba la peur” prend la forme d’un récit initiatique, où le passage symbolique d’un enfant vers l’âge adulte se confond avec la traversée de la peur. Ce texte résonne comme une allégorie : franchir la peur, c’est entrer dans la vie, affronter le monde et ses brutalités.
La puissance de ce recueil réside dans l’écriture de Koffi Kwahulé, qui conjugue rigueur théâtrale et souffle poétique. Chaque pièce devient un espace où la scène est traversée de forces invisibles: mémoire, peur, silence, mais aussi désir de liberté. Par ce théâtre à la fois intime et universel, l’auteur interroge les fractures de nos sociétés tout en ouvrant une voie vers la réconciliation intérieure et collective.
“L’Odeur des arbres et autres pièces” de Koffi Kwahulé. Éditions Théâtrales en 2018. Avec la contribution de Ouattara Yassoungo Drissa (Lu et résumé).