Culture

Lu pour vous by CoolBee Ouattara, Ma parole pour le Noir aux lumières éteintes de Serge Grah.

Par La Rédaction24 juillet 2025

Ma parole pour le Noir aux lumières éteintes, publié en 2021 aux éditions Les Classiques Ivoiriens, est une œuvre qui s’élève, interpelle et dérange, portée par la voix singulière et engagée de Serge Grah. Dans un monde où le vacarme des puissants étouffe souvent les murmures des opprimés, l’auteur offre au Noir – cet être blessé, nié, instrumentalisé – un espace de parole d’une rare intensité.

Ici, il n’est point question d’un personnage fictif ou d’une intrigue romancée. Non. Il s’agit d’un cri, d’un témoignage poétique et politique, d’un souffle noir jailli des entrailles de l’histoire et de l’oubli. Le Noir dont parle Grah, c’est l’homme invisible aux yeux du monde, le survivant des bateaux négriers, l’orphelin des colonies, le citoyen du monde encore assigné à une marge que personne ne veut reconnaître.

L’auteur ne parle pas seulement : il réclame. Il réclame justice pour les silences historiques, pour les humiliations collectives, pour les identités déformées. Il convoque les ombres d’hier, les visages sans nom, les corps sans sépulture. Sa parole est grave, rythmée, tendue comme une corde, mais toujours ancrée dans une espérance fière.

Le style de Grah est unique : entre vers libres, révolte contenue et tendresse blessée, il tisse un tissu littéraire où chaque mot pèse, où chaque phrase vibre. Il n’écrit pas seulement pour être lu, mais pour faire entendre. À travers son œuvre, la parole noire cesse d’être marginale. Elle devient centrale, précieuse, incontournable.

Ce texte m’a profondément touché. Non pas uniquement pour ce qu’il dit, mais pour la manière dont il le dit. Dans ses lignes, je n’ai pas seulement vu une dénonciation : j’y ai reconnu une mémoire, une dignité arrachée au silence, une identité reconstruite mot après mot.

L’œuvre de Serge Grah est un acte. Un acte de réappropriation de soi. Un acte d’amour pour les siens, pour son continent, pour cette humanité qui, parfois, semble avoir éteint les lumières de la vérité. Mais ici, à travers cette parole lucide et courageuse, la lumière revient. Et elle éclaire bien plus qu’une couleur de peau : elle éclaire une condition humaine trop longtemps oubliée.

Ce livre est à lire, à relire et à méditer. Non pas seulement parce qu’il est littérairement fort, mais parce qu’il est nécessaire. Dans un monde toujours en quête d’équité, la parole du Noir ne peut plus être étouffée.

Ma parole pour le Noir aux lumières éteintes de Serge Grah. Les Classiques Ivoiriens, 2021. Avec la contribution de OUATTARA Yassoungo Drissa (Lu et résumé).

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