En émigrant du Liban durant la guerre civile, Rindala perd ses liens avec son pays et sa mère. Mais un fil de vérité qui lie le passé au présent au-delà des coïncidences va lui permettre de tisser un lien avec elle. Une enfance trahie par la violence de la guerre engendre chez l’héroïne une confusion entre les notions de guerre et de paix, entre la réalité et le rêve. Sa grand-mère symbolise la force, la stabilité et l’espoir durant son enfance, une rose qui chantera toujours pour atténuer le son des bombes.
“Ma très chère maman” est une ode à la maternité. C’est un livre qui invite à la réflexion sur les liens familiaux et sur l’importance de l’amour parental dans la construction de l’individu. Il rappelle que derrière chaque réussite, il y a souvent une mère qui a donné sans compter.
“Ma très chère maman” est un récit profondément émotionnel qui met en lumière la relation intime entre un enfant et sa mère, dans un contexte souvent marqué par les épreuves sociales, économiques et affectives. À travers une narration à la fois simple et poignante, Awad nous plonge dans un univers où la figure maternelle incarne à la fois le sacrifice, la résilience et l’amour inconditionnel.
Le narrateur retrace les souvenirs marquants de son enfance, dominés par la présence constante et rassurante de sa mère. Celle-ci apparaît comme une femme courageuse, prête à tout pour garantir le bien-être de ses enfants, même dans des conditions difficiles. Le récit met en avant les efforts quotidiens, souvent invisibles, que les mères consentent pour maintenir la dignité et l’équilibre familial.
Au fil des pages, le lecteur découvre une succession de moments de vie : les difficultés financières, les sacrifices silencieux, les conseils pleins de sagesse, mais aussi les instants de joie partagée. L’auteur insiste particulièrement sur la transmission des valeurs : respect, persévérance, humilité et amour du travail.
L’un des aspects les plus marquants de l’ouvrage est la manière dont il aborde la notion de reconnaissance. Le narrateur exprime, parfois avec regret, le fait que l’importance d’une mère n’est pleinement comprise qu’avec le temps, voire après certaines épreuves. Cette prise de conscience donne au récit une dimension universelle, dans laquelle chacun peut se retrouver.
Le style d’écriture est accessible, presque oral, ce qui renforce la proximité avec le lecteur. Il ne s’agit pas d’une fiction complexe, mais d’un témoignage sincère, chargé d’émotions. L’auteur ne cherche pas à embellir la réalité, mais à la restituer avec authenticité.
Rindala Awad est née en 1978 à Beyrouth au sein de la guerre civile, où elle a grandi, avant d’émigrer du Liban à l’âge de neuf ans. Artiste, elle obtient sa Maîtrise en Architecture de l’Université de McGill à Montréal, pour commencer une carrière qui l’emporte de la destruction qu’elle a vécue au Liban, vers l’imagination et la création d’incroyables formes et d’édifices dans un bureau d’architecture à Boston et ensuite vers des scènes symboliques de paix. Elle nous livre ici un ouvrage sensible sur son parcours et ses origines.
“Ma très chère maman” de Rindala Awad. Éditions Persée 2020, avec la contribution de Djémory Camara Aziz (Lu et résumé).