Culture

LU POUR VOUS by CoolBee Ouattara : “Violent était le vent” de Charles Nokan ou la littérature politique dans la fiction romanesque africaine.

Par La Rédaction19 août 2025

Publié en 1966, “Violent était le vent” est un roman de Charles Zègoua Nokan, intellectuel ivoirien, philosophe et écrivain engagé. Cette œuvre marque l’arrivée de la littérature politique dans la fiction romanesque africaine.

Le roman décrit les secousses sociales et politiques qui balaient la Côte d’Ivoire post-indépendance, des conflits intérieurs à la montée des idéologies révolutionnaires. Le “vent violent” est à la fois métaphore d’un changement brutal et évocateur d’un souffle libérateur.

Le protagoniste évolue dans une société en mutation, confrontée à la corruption, au pouvoir des élites, à l’arrogance des nouveaux gouvernants et à la marginalisation des plus humbles. Le roman construit contre ce décor politique une protestation littéraire : dénonciation de l’oppression, exaltation d’une voix collective et urgente, révolte des consciences.

Première de couverture © DR

Nokan adopte un style direct, clair, parfois lapidaire. Le langage est par moments lyrique, enraciné dans la terre africaine : chants, images de la nature, références à l’histoire orale, disséminés au cœur d’une prose combative. Il allie témoignage et esthétique, mêlant action et poésie. Le texte porte en lui une double intention : alerter sur les dérives du pouvoir et célébrer la culture noire comme terre de résistance.

À travers des personnages divers, militants, intellectuels frustrés, paysans révoltés, l’auteur esquisse une fresque puissante du malaise postcolonial. L’œuvre est perçue comme une introduction à la littérature politique en Afrique francophone, une voix pionnière qui affirme que l’écrivain doit agir, dénoncer, et chanter la vérité.

“Violent était le vent” de Charles Nokan

Présence Africaine1966. Avec la contribution de Djémory Aziz Camara (Lu et résumé)

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