Afrique

Madagascar : Après les Assises nationales, tensions et désaccords règnent

Par James Ramarosaona4 mai 2015

Deux jours après les Assises sur la réconciliation nationale, le climat politique est loin d’être apaisé à Madagascar. Des tons s’élèvent à la suite de la décision de l’actuel président d’abroger le décret portant assignation à résidence fixe de l’ancien président Marc RAVALOMANANA . Et la tension monte à l’Assemblée nationale

Cette liberté accordée à Marc RAVALOMANANA, rentrée au pays de manière illicite en octobre 2014 n’arrange pas la majorité de la population. Ceux qui se sont mobilisés lors de la révolution Orange (fin 2008 – début 2009) trouvent inadmissible une telle disposition, surtout que l’ancien président est considéré comme l’un des responsables de la tuerie du 07 février 2009, lors d’une marche des manifestants vers le palais présidentiel.

Des officiers supérieurs harcelés et emprisonnés de manière abusive, entre 2002 et 2008 hésitent aussi à reconnaître cette décision.

Le président Hery RAJAONARIMAMPIANINA a certes signé lundi 04 mai 2015 les résolutions de ces Assises, mais il n’a pas encore pris de ferme décision sur leur application, sauf la mise en place de la nouvelle structure gérant la réconciliation nationale.

Ces décisions stipulent, entre autres la dissolution de toutes les institutions de la 4ème République (Assemblée nationale, Gouvernement et Haute Cour Constitutionnelle) à l’exception de la Présidence de la République, la création d’une Assemblée constituante, la mise en place d’un conseil des Sages, des chambres des Doyens et la tenue d’un référendum constitutionnel.

Parmi les premiers à réagir, citons Jean Eugène VONINAHITSY, président de RPSD et conseiller politique du président ainsi qu’Adolphe RAMASY, ancien Sénateur qui trouvent ces résolutions comme « un coup d’Etat institutionnel contre la 4ème République ».

Défendant la Constitution de la 4ème République, Patrick RAJOELINA, un proche du président et ancien membre du Comité consultatif constitutionnel a signalé que « la première forme d’État est de respecter ce qui a été validé par le peuple, lors du référendum du 17 novembre 2010 »

La dissolution de l’Assemblée nationale pourrait ne pas passer pas comme une lettre à la poste, avec la session ordinaire prévue pour démarrer ce mardi 05 mai 2015.

Quelques heures seulement après la clôture des Assises, le président de la chambre basse Jean Max RAKOTOMAMONJY a crié au scandale : « Outre le chef d’état, les députés sont les seuls élus devant représenter le peuple ! (…) Pourquoi une réunion des personnes non élues décide de nous supprimer ? »

Beaucoup d’élus sont de même avis que lui. Et certains pensent même à une motion d’empêchement contre le président de la République. Différentes réunions de députés se sont déroulées dans la capitale malgache dans la journée du lundi 04 mai à la veille de l’ouverture de la première session parlementaire.

Le ministre de la Fonction publique, Jean de Dieu MAHARANTE s’étonne de son côté, du processus de réconciliation nationale « glissant vers une forme de conquête de pouvoir »

Selon des partisans d’Andry RAJOELINA, « la situation prouve que le régime RAJAONARIMAMPIANINA ne respecte pas la Constitution »

James RAMAROSAONA

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires