Afrique

Madagascar : le régime fortement critiqué après l’inondation

Par Charles Kouassi2 mars 2015

AFRIKIPRESSE. Paris – Les idées divergent sur la récente inondation qui a frappé durement la capitale malgache dans la soirée du jeudi 26 février. Le régime est fortement critiqué. « Ce qui arrive n’est pas de notre faute » avait dit dès le lendemain, le ministre des Travaux Publics Rolland RATSIRAKA, anticipant tout reproche à l’actuel gouvernement et principalement à son département. Sur une télévision privée de la capitale, dans la soirée de ce jeudi, une directrice du Ministère du Tourisme, des Transports et de la Météorologie avait affirmé que depuis le mois de novembre, « les populations concernées ont été déjà averties des pluies torrentielles pouvant entraîner des dégradations manifestes et des risques d’inondations ». Une déclaration qualifiée par beaucoup de fuite de responsabilité des tenants du pouvoir.
Rivo RAKOTODRASANJY, un haut cadre de la capitale s’est insurgé : « le ministère du Tourisme, des Transports et de la Météorologie savait depuis le mois de novembre (…) et qu’est ce qu’il a fait depuis, pour au moins amortir l’impact de ces fortes pluies ? Exemple, curage des canaux d’évacuation, élagage ou abattage des arbres dangereux, évacuation des zones inondables et préparation de centres d’accueil, sensibilisation de la population aux mesures préventives ? Gouverner, c’est prévoir. »
Dans la foulée, une sociologue Félicie RAINIDINA réagit tenant compte de l’ossature du deuxième gouvernement du régime : « Le ministère des Transports, comme celui des Travaux Publics et le ministère d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, départements techniques concernés, n’ont pas changé de main (…). Comme s’ils étaient à la hauteur ! Tenant compte du principe d’obligation de résultat tant crié par le nouveau Premier, les remplacer serait nécessaire ! »
Un journaliste photographe, vieux du métier en la personne de DANY BE ancien du quotidien Madagascar Matin des années 60 et membre influent du Club des Journalistes doyens (CJD) se rappelle de l’inondation de 1959 et avertit : « La situation actuelle sera plus grave qu’en 1959 ». Et de poursuivre : « J’ai vécu 1959, mais actuellement à part leur incompétence, les responsables étatiques négligent la situation. Ils ne sont pas capables de déterminer où ils pensent évacuer les eaux (…) En clair, ils manquent terriblement de politique d’urbanisation, et il s’agit d’une question de volonté politique. Cela touche les nouveaux dirigeants, mais aussi les anciens »
Le directeur de campagne d’Edgard RAZAFINDRAVAHY, ancien PDS de la capitale et candidat malheureux aux présidentielles d’octobre 2013, Martial RAHARIRIKA n’est pas resté inerte :« La pire scénario inimaginable est arrivée. (…) Il y a eu auparavant des propositions de refonte du plan d’aménagement du Grand Tana. Malheureusement, dans ce pays, les techniciens ne sont pas considérés ».

James RAMAROSAONA

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires