Onze camions sénégalais ont été incendiés ces derniers jours sur l’axe Dakar-Bamako, au Mali. Face à l’insécurité persistante, beaucoup de routiers sénégalais refusent de poursuivre les trajets vers Bamako, dénonçant un manque de protection.
Insécurité au Mali : les routiers sénégalais suspendent la route vers Bamako
Depuis le 1er mai 2026, le trafic des poids lourds est presque à l’arrêt sur le corridor Dakar-Bamako. Selon des médias sénégalais1, onze camions ont été brûlés, dont des camions-citernes, des véhicules transportant des marchandises diverses et trois camions arrivant de Côte d’Ivoire. Les attaques visent des convois commerciaux circulant vers la capitale malienne.
Les chauffeurs dénoncent une insécurité persistante sur les routes maliennes. Pour eux, il devient impossible de continuer à transporter des marchandises au péril de leur vie. D’après le président de l’Union des routiers du Sénégal, des assaillants ont réussi à isoler une partie d’un convoi pourtant escorté par l’armée malienne, avant d’incendier plusieurs camions chargés notamment de fer, de maïs et de produits alimentaires.
Un corridor stratégique pour l’Afrique de l’Ouest
Vu depuis Abidjan, cette crise dépasse le seul cadre sénégalo-malien. La présence de camions en provenance de Côte d’Ivoire rappelle que les routes maliennes restent essentielles au commerce sous-régional. Toute dégradation durable de la sécurité peut perturber les flux de marchandises entre les ports ouest-africains et les marchés sahéliens.
Bamako sous pression, les routes maliennes fragilisées
Cette crise intervient dans un contexte de forte dégradation sécuritaire au Mali depuis la fin avril. Les axes routiers menant à Bamako sont perturbés par les attaques de groupes terroristes, au point de créer un blocus de la capitale malienne. Malgré la présence de l’Africa Corps, censé protéger le pays et sa population, les transporteurs constatent surtout l’absence de protection sur les routes. Pour les routiers sénégalais, cette situation confirme l’écart entre le discours sécuritaire des autorités maliennes et la réalité et les dangers du terrain.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info
1 https://senego.com/axe-dakar-bamako-11-camions-senegalais-brules-le-trafic-presque-a-larret_1962150.html