Le retrait d’Africa Corps de la base stratégique de Kidal, dans le nord du Mali, marque un tournant dans la coopération militaire entre Bamako et Moscou. Derrière cette débâcle sécuritaire, deux figures russes émergent : le général Andreï Averianov et le major général Alekseï Orekhov.
Africa Corps au Mali : une présence russe fragilisée
Depuis le démantèlement du groupe Wagner, la Russie a restructuré sa présence militaire au Sahel autour d’Africa Corps.1 Présenté comme un dispositif plus institutionnel, ce corps devait renforcer les capacités des Forces armées maliennes (FAMa) face aux groupes jihadistes.
Mais les attaques d’avril 2026 ont révélé les limites opérationnelles du dispositif russe. Malgré une présence affichée comme massive, Africa Corps a privilégié des replis tactiques face aux offensives du FLA et du JNIM, laissant les FAMa en première ligne.
Pour plusieurs observateurs ouest-africains, cette situation soulève des interrogations sur la fiabilité du partenariat militaire russe au Mali.
Andreï Averianov et Alekseï Orekhov, nouveaux visages du Kremlin en Afrique
Deux hommes incarnent désormais cette stratégie russe au Sahel.
Le général Andreï Averianov, cadre du renseignement militaire russe (GRU), supervise discrètement l’expansion sécuritaire de Moscou en Afrique. À ses côtés, le major général Alekseï Orekhov représente la dimension diplomatique et institutionnelle de cette présence russe.
Longtemps discret, Orekhov a été aperçu dans plusieurs délégations russes au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Centrafrique depuis 2023. Sa présence est aujourd’hui assumée publiquement lors de signatures d’accords militaires entre Moscou et plusieurs pays africains.
Quel avenir pour le partenariat Russie-Mali ?
Alors que la crise sécuritaire persiste au Mali, certains analystes évoquent déjà une possible réorientation stratégique de Moscou vers d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, notamment la Guinée. La visite d’Andreï Averianov à Conakry le 1er mai 2026 pour superviser une livraison d’armes russes a renforcé ces spéculations.
Pour les pays de la sous-région, y compris la Côte d’Ivoire qui suit avec attention l’évolution sécuritaire au Sahel, cette séquence confirme que les équilibres géopolitiques restent mouvants et que la stabilité régionale demeure un enjeu majeur pour l’Afrique de l’Ouest.
Une corresponance particulière de F. Kouadio
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