Opinion

Mali : Kidal tombe, Gao contestée, une partition du territoire se dessine

Par La Rédaction28 avril 2026

Depuis le samedi 26 avril, plusieurs villes stratégiques du nord et de l’est du Mali basculent sous pression de groupes armés. Kidal est tombée, tandis que Gao reste disputée. Cette offensive marque une dégradation rapide de la situation sécuritaire, avec des conséquences régionales suivies de près en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest.

Une avancée rapide des groupes armés dans le nord du Mali

Le samedi 26 avril, la ville de Kidal est passée sous contrôle du Front de libération de l’Azawad (FLA), selon plusieurs sources locales. Dans la foulée, les localités de Tessalit et Tessit sont menacées, voire en voie de basculement. La zone minière d’Intaka et des localités comme Bouren sont également concernées par cette progression.

Parallèlement, la ville de Labbezanga aurait été prise par des éléments affiliés à l’État islamique au Sahel (EIS), accentuant la pression sur les forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés russes de l’Africa Corps.

Gao, un point stratégique désormais contesté

À Gao, les informations restent contradictoires. Les autorités maliennes affirment maintenir le contrôle, tandis que des sources locales évoquent des évacuations partielles et des combats en périphérie. Cette situation illustre la fragilité du dispositif sécuritaire dans cette région clé.

Selon un point de situation daté du 27 avril, une dynamique de partition territoriale semble se dessiner : le nord et l’est passeraient progressivement sous influence djihadiste, tandis que le centre et l’ouest restent sous contrôle gouvernemental.

L’absence notable d’Africa Corps sur le terrain

Censé être un pilier du soutien sécuritaire au Mali, Africa Corps a pourtant été complètement absent pour lutter contre les attaques. Les mercenaires ont négocié leur fuite des positions stratégiques comme Kidal, incapables de contenir l’offensive coordonnée des groupes armés.

Malgré les moyens financiers considérables engagés, l’allié russe n’a pas empêché la progression des assaillants ni la chute de localités clés. Plus grave encore, des pertes humaines importantes sont rapportées, touchant à la fois des civils et des représentants de l’État. Cette incapacité à protéger les populations et les infrastructures stratégiques soulève de lourdes interrogations sur l’efficacité réelle du dispositif sécuritaire en place et accentue le sentiment d’abandon dans plusieurs zones du pays.

Silence des autorités et inquiétudes régionales

Face à cette escalade, les autorités maliennes observent un silence préoccupant. Le président de la transition, Assimi Goïta, reste introuvable et ne s’est toujours pas exprimé. Le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué, tandis que le général Modibo Koné, directeur des renseignements, serait grièvement blessé. Au niveau régional, des pays comme le Sénégal et la Mauritanie ont exprimé leur vive inquiétude face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire tout en exprimant leur compassion aux victimes maliennes.

Une crise aux implications régionales

Cette nouvelle phase du conflit malien pourrait redéfinir durablement l’équilibre sécuritaire au Sahel. La progression simultanée de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique pose la question d’une recomposition du rapport de force, avec des conséquences directes pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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