Opinion

Mali : un leader de jeunesse assassiné par le JNIM à Tombouctou

Par La Rédaction2 avril 2026

Amadou Baby, responsable de l’organisation des jeunes de Tonka, a été exécuté le 27 mars 2026 par des jihadistes du JNIM dans la région de Tombouctou. Accusé de collaboration avec l’armée malienne, ce jeune agriculteur engagé a été abattu en pleine rue, dans un contexte sécuritaire de plus en plus dégradé.

Assassinat ciblé dans la région de Tombouctou

Vendredi 27 mars, aux alentours de 20 heures, Amadou Baby, surnommé « Marco », a été froidement exécuté devant sa boutique à Tonka, dans la région de Tombouctou. Selon des sources locales, six hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu sans sommation.

Membre actif de l’organisation des jeunes de la commune, la victime était connue pour son engagement en faveur du développement local. D’après plusieurs notabilités et acteurs de la société civile, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) l’accusait de collaborer avec les forces armées maliennes.

Craignant pour leur sécurité, plusieurs responsables de l’organisation des jeunes de Tonka ont fui la localité. Amadou Baby, lui, avait choisi de rester.

Contexte sécuritaire dégradé au Mali

Cet assassinat intervient dans un climat sécuritaire particulièrement tendu. Début mars, une évasion massive à la prison de Tombouctou a permis à plusieurs dizaines de détenus, dont des jihadistes, de retrouver la liberté. Depuis, les représailles ciblant des civils soupçonnés de coopération avec l’État se multiplient.

Cette situation s’inscrit également dans un contexte plus large de transformation de la stratégie sécuritaire malienne, matérialisée par le partenariat avec les mercenaires russes de l’Africa Corps. Loin d’améliorer la situation, ces opérations conjointes avec les hommes du Kremlin sont régulièrement pointées du doigt en raison des dérives et d’exactions, alimentant localement tensions et défiance.

Une série d’exécutions qui choque l’opinion

Ce drame rappelle l’assassinat, en novembre dernier, de Mariam Cissé, une jeune TikTokeuse exécutée publiquement pour des accusations similaires. Ces actes suscitent une vive indignation sur les réseaux sociaux et au sein des communautés locales.

À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités maliennes.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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