Trois organisations internationales ont saisi le 20 avril la Cour africaine des droits de l’Homme contre le Mali pour des violations graves commises en 2022 par les forces armées maliennes et le groupe Wagner. Une démarche inédite qui intervient dans un contexte d’impunité persistante et de tensions sécuritaires au Sahel.
Une plainte inédite contre l’État malien
La Fédération internationale pour les droits humains, TRIAL International et Union panafricaine des avocats ont déposé une plainte devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Elles accusent l’État malien de ne pas avoir empêché ni sanctionné des exactions commises par ses forces et leurs partenaires russes.
Selon les ONG, plus de 500 civils auraient été tués en 2022, notamment lors des opérations à Moura et Hombori. Tortures, viols, détentions arbitraires et disparitions forcées sont également documentés.
Wagner et la continuité sous “Africa Corps”
Présent au Mali depuis 2021, le groupe Wagner, désormais restructuré sous le nom d’Africa Corps, continue d’opérer sous contrôle du ministère russe de la Défense. Les organisations s’appuient sur des enquêtes du Berkeley Human Rights Center et du collectif All Eyes on Wagner pour étayer leurs accusations.
Des rapports de Human Rights Watch évoquent près de 3 000 civils tués depuis 2021, ainsi que des exécutions ciblées, notamment contre des populations peules.
Une justice nationale à l’arrêt
Les plaignants dénoncent une absence d’enquêtes crédibles au Mali. Pour eux, la CADHP représente désormais l’une des rares voies de recours, dans un contexte marqué par le retrait du pays de la CEDEAO et un isolement judiciaire croissant.
Cette procédure pourrait faire jurisprudence en Afrique, en engageant la responsabilité d’un État pour les actions de forces privées sur son sol.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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