Opinion

Mali : des villageois fuient leurs foyers après une opération meurtrière des FAMa

Par La Rédaction24 mai 2026

Le village de Guirowel, près de Mopti, dans le centre du Mali, est aujourd’hui déserté après une opération de l’armée malienne. Selon des témoignages locaux, sept habitants ont été tués alors qu’ils tentaient de fuir l’arrivée des militaires.

Guirowel, un village déserté dans la région de Mopti

À Guirowel, commune de Kounari, la peur a remplacé la vie quotidienne. Une patrouille de l’armée malienne est entrée dans le village avant 6 heures du matin. L’arrivée des militaires a provoqué un mouvement de panique parmi les habitants qui ont tenté de s’enfuir. Les soldats ont alors ouvert le feu sur les civils.

Le bilan fait état de sept civils non armés tués. Parmi les victimes figure un vieil homme abattu froidement dans sa maison. À ce stade, aucune communication officielle détaillée des autorités maliennes n’a permis d’éclaircir les circonstances exactes de l’opération.

Centre du Mali : une nouvelle bavure qui inquiète l’Afrique de l’Ouest

Par peur d’un nouveau passage de l’armée, les habitants ont quitté Guirowel. Le village est désormais vidé, laissant derrière lui des maisons désertes et des familles endeuillées et déplacées.

Cet épisode rappelle que l’instabilité au Mali n’est pas un dossier lointain. Les violences dans le centre du pays nourrissent les déplacements de populations, fragilisent les communautés rurales et accentuent les risques sécuritaires dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Cette nouvelle affaire interroge lourdement la conduite des opérations militaires au centre du Mali. La lutte contre le terrorisme ne peut produire des résultats durables si elle se fait au prix de la protection des civils, de la transparence et de la confiance des populations.

L’aggravation globale de la situation sécuritaire inquiète la population.

Dans un Mali toujours confronté à l’expansion des groupes terroristes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, la population se retrouve pris en étau entre violences jihadistes, représailles brutales et exactions contre les civils. Malgré le recours aux mercenaires russes venus remplacer les partenaires occidentaux, la situation sécuritaire s’empire de jour en jour : attaques contre les camps militaires, embuscades, attentats et enlèvements continuent de fragiliser le centre et le nord du pays.

L’affaire de Guirowel s’inscrit donc dans un contexte plus large d’échec sécuritaire, où la promesse de la junte de rétablir la sécurité se heurte à la multiplication des violences et à la défiance croissante des communautés locales envers les promesses non tenues du régime.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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