La place Ficgayo de Yopougon, s’est transformée le vendredi 17 avril en un temple de la musique urbaine ivoirienne. À l’occasion du 14è MASA, un spectacle géant a réuni une foule majoritairement jeune, venue célébrer le talent, répondant à l’appel du député-maire Adama Bictogo. L’événement marquait surtout l’enregistrement d’une édition spéciale de l’émission «Légendes urbaines», diffusée sur RFI et France 24, et animée par la journaliste Juliette Fievet.
Dès 18h, la place était électrique. Une ambiance DJ a lancé les hostilités jusqu’à 19h30, mixant sans répit coupé-décalé, rap, reggae, zouglou et musiques du terroir. Pour accueillir le public toujours plus nombreux, les sièges ont été retirés, permettant à la foule d’investir entièrement l’esplanade au pied du podium et de danser librement.
À 19h30, le décor a changé. Le podium s’est mué en studio de télévision et de radio. Juliette Fievet a alors pris les commandes, tenant le public en haleine pendant toute la soirée. Visiblement émue, l’animatrice a déclaré : « S’il y a un pays que j’aime peut-être le plus que la France, c’est la Côte d’Ivoire ». La phrase a déclenché une vague d’applaudissements dans un public déjà en transe.
Hommage à DJ Arafat
La soirée a débuté par un hommage à feu DJ Arafat, que Juliette Fievet a qualifié d’« un des plus grands artistes ivoiriens ». Elle a ensuite invité les membres du Yôrô Gang, groupe de l’ancien roi du coupé-décalé. Ces derniers ont rappelé le rôle central de leur leader et annoncé plusieurs projets pour les prochains mois, suscitant des cris de joie du public.
L’animatrice a également tenu à remercier le député-maire de Yopougon, Adama Bictogo, pour son soutien, ainsi que le MASA pour l’opportunité d’enregistrer l’une des émissions musicales les plus suivies au monde.
Les Performances et les messages forts
Tour à tour, les artistes ont enflammé la scène : Didi Yeman, TRK et Kadjar ainsi que Dopeleen ont livré des performances énergiques. Après chaque passage, ils ont répondu aux questions de Juliette, évoquant leur agenda ou lançant des messages de courage à leurs fans et à la jeunesse.
La grosse surprise de la soirée est venue avec la montée sur scène de Black M, la vedette franco-guinéenne du rap. L’artiste a exprimé son amour pour le public ivoirien et son soutien à l’animatrice. Il a profité de l’occasion pour annoncer un nouvel album pour la fin de l’année, riche en featurings.
Tout au long de la soirée, Juliette a reçu des messages vidéo de soutien de personnalités du showbiz et du sport : Alpha Blondy, Zaho, ou encore Didier Drogba (natif de Yopougon) ont tenu à saluer l’événement et l’animatrice pour son engagement en faveur de la culture urbaine africaine.
Un autre moment fort a également été le concours de Biama, danse urbaine née à Yopougon. Deux jeunes filles et deux garçons, dont un enfant, se sont affrontés. Porté par la foule, le plus jeune a remporté le concours, symbole de la relève culturelle de la commune.
Roseline Layo : le message d’espoir
Après le concours, Suspect 95 et Roseline Layo ont pris le relais pour ambiancer la place. Face à cette dernière, auteure de tubes depuis une dizaine d’années, Juliette Fievet a témoigné : « Je tiens à te témoigner l’immense respect que j’ai pour toi ».
Roseline Layo, visiblement touchée, a remercié l’animatrice et adressé un long message inspirant au public : elle les a exhortés à se battre pour devenir « la meilleure version » d’eux-mêmes, à ne rien lâcher face aux difficultés et à éviter les vices, notamment la drogue.
La soirée s’est achevée en apothéose avec les prestations de Serges Beynaud (coupé-décalé) et du duo zouglou Yodé & Siro, qui ont fait danser la foule ainsi que les officiels.
Enfin, le député-maire Adama Bictogo, accompagné de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a remercié le public. Il a salué le MASA, qui permet de mettre en lumière les artistes, rappelant que « le gros des talents vient de Yopougon ». Il a par ailleurs rendu hommage au leadership du chef de l’État, qui favorise l’éclosion de ces talents.
Yaya K