Dans son message du Nouvel an à la nation, le Premier ministre de Maurice Anerood Jugnauth annonce de la fermeté dans la lutte contre la drogue.
« L’île sera dotée, dans les jours à venir, d’une Commission d’enquête sur la drogue », a déclaré le nouveau chef du gouvernement mauricien. Cette annonce est en fait la concrétisation d’une des promesses pendant la campagne des législatives du 10 décembre 2014. Un acte citoyen et normal, sachant le volume florissant du trafic de drogue qui sévit sur l’île. Chaque année, de grandes quantités de drogue sont saisies à l’aéroport , venant d’Afrique et d’Europe.
Ces derniers temps des citoyens africains dont des Malgaches, et des ressortissants européens sont impliqués dans ce trafic, avec la complicité des Mauriciens. A cet effet Anerood Jugnauth sollicite l’implication de tout le monde dans le circuit : « J’invite la population à venir déposer en vue de dénoncer la mafia qui tue nos enfants ». Une jeune française de 27 ans pris en flagrant délit de trafic de Subutex, un traitement de substitution à l’héroïne strictement interdit à Maurice, à l’aéroport de Port Louis en août 2014 a été jugée le 27 novembre dernier. Elle attend son verdict le 14 janvier prochain et risque jusqu’à 60 ans de prison.
La majorité des Mauriciens se réjouissent de ce projet d’une Commission d’enquête, qui devra voir le jour cette semaine. Même si des juristes souhaitent attendre d’abord le contenu et les termes de référence de la commission en question « puisque certaines fois, les enquêtes sont bloquées quelque part et ne remontent pas, pour diverses raisons, au cerveau du trafic ! ».
Dans la même foulée de la fermeté, Anerood Jugnauth promet de procéder à des « nettoyages des institutions ». Il évoque, à ce propos, les « scandales et abus de pouvoirs entre la période 2005 et 2014 », de son prédécesseur. Et le Premier ministre prévient : « Les coupables paieront pour leurs actions et je serai sans pitié à leur encontre ».
James RAMAROSAONA