Des partis de l’opposition regroupés au sein de la CAP-CI ont demandé la dissolution de la Cei lors d’un meeting.
La Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (Cap-CI ) a tenu son premier meeting ce samedi 31 mai 2025, à la place Ficgayo, à Abidjan-Yopougon. Lors de cette mobilisation, la porte-parole de la CAP-CI, Simone Gbagbo, présidente du Mouvement des Générations Capables (MGC), a exposé les revendications de l’opposition en vue du dialogue politique attendu avec le gouvernement.
Au cœur des préoccupations figurent la réforme de la Commission Électorale Indépendante (Cei) et le découpage électoral. Elle a souhaité que la Cei ne compte aucun représentant de partis politiques, appelant à une structure véritablement neutre et impartiale.
L’opposition exige une révision fondée sur des critères objectifs et concertés afin d’assurer un équilibre représentatif sur l’ensemble du territoire. « On s’assoit, on discute et on établit ensemble les critères. Une fois ce critère arrêté, on le respecte », a-t-elle insisté, rejetant toute présence d’éléments perturbateurs dans le processus électoral.
« Cette année, nous ne voulons plus de Gbaka vert. Nous ne voulons plus de désordre, ni de microbes dans les meetings », a-t-elle prévenu.
L’opposition réclame également une transparence accrue dans le financement des campagnes électorales. Simone Gbagbo a demandé un cadre clair définissant les sources de financement, leur légalité et leur utilisation. « Il faut savoir qui donne quoi, comment c’est justifié, et si cela respecte la loi », a-t-elle martelé, dénonçant les inégalités criantes entre candidats.
Affi N’Guessan, président du Fpi, a indiqué que la liste électorale est un élément essentiel du processus électoral et que c’est elle qui donne droit à la carte d’électeur, qui est le passeport pour voter. « La liste électorale est fondamentale. C’est pourquoi sa crédibilité nous préoccupe et que nous avons inscrit la révision de la liste électorale dans le catalogue de nos revendications », a-t-il affirmé, demandant la dissolution de la commission électorale actuelle, qu’il juge prise en otage par le Rhdp et son président Alassane Ouattara.
« Ouattara a profité du chaos de 2011 pour établir une commission électorale à sa solde et verrouiller le processus électoral en Côte d’Ivoire. Il verrouille tout : l’armée, l’administration, la justice, et même les chefs coutumiers », a-t-il déclaré. Il a également noté que sur 630 commissions électorales locales, 610 sont dirigées par des militants du Rhdp, soit 97 %. « Est-ce qu’on peut accepter ça ? » a-t-il demandé.
Tidjane Thiam, président du Pdci-Rda et de la Cap-CI, a, dans une visio-conférence, invité le parti au pouvoir à faire preuve de bon sens et de modération afin que le rendez-vous d’octobre prochain se passe dans la paix et selon les normes internationales. « Les Ivoiriens veulent tout simplement s’exprimer librement. C’est une aspiration légitime. Il faut que les élections se déroulent de manière à ce que leur résultat reflète la volonté des Ivoiriens. L’élection présidentielle est fondamentale dans notre système politique. Il est essentiel que son résultat soit issu d’un processus électoral transparent, incluant l’audit et la révision de la liste électorale. C’est cela la démocratie », a-t-il précisé, saluant la récente opération d’enrôlement qui a été un succès.
« Nous devons l’amplifier avec une nouvelle opération en 2025, avant les élections. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens ont dépensé de l’argent pour obtenir leurs pièces. Ils veulent voter, et il faut leur permettre d’exprimer leur choix. C’est leur droit le plus absolu », a martelé Thiam.
Mamadou Ouattara avec A. Traoré