Aux Militantes et Militants du MFA, à toute la Côte d’Ivoire !
Nous entrons dans l’année 2015 où, c’est peu de le dire, ce sont les élections présidentielles et générales qui mobiliseront les attentions de tous, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger.
En cette occasion hélas, le spectre des élections de 2010 s’imposera en toile de fond, et tous les cœurs palpiteront d’appréhension par rapport aux horreurs vécues dans notre pays lors de la crise post-électorale de triste mémoire.
C’est donc le lieu de vous dire à tous, chers compatriotes et amis de la Côte d’Ivoire, que cette année 2015 sera hautement et intensément politique. C’est pourquoi, la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens se doivent, sous le regard de la communauté internationale, de prendre des engagements fermes pour des élections aussi transparentes et démocratiques que possible, sans fraude ni violence. Au terme de celles-ci, élus comme perdants devront pouvoir se tenir par la main pour entamer, ensemble, un hymne d’actions de grâce pour consacrer la renaissance de ce pays martyr. Pour ce faire, nous devons encore nous donner un peu plus de temps pour améliorer ou nous accorder sur, entre autres :
-Le recensement de la population et l’accès à la nationalité ivoirienne, qui commanderont la future liste électorale, celle de toutes les vérités et, sans doute, de tous les dangers.
-La présence, sur l’ensemble du Territoire, de dizaines de milliers d’individus en armes, en rupture de ban avec la société et les Autorités, et qui, en période électorale, soumettront nos populations à encore plus d’intimidations, d’exactions et de terreur aux ordres des candidats qui les paient ; l’élection devant être leur véritable « traite de café-cacao »- sécurité donc, et encore sécurité !
-La Commission Electorale Indépendante (CEI) dont les Responsables et attributions ne devraient plus être sujet frustration.
-La Réconciliation Nationale au sens large du terme ; que les plaies et rancœurs du passé soient gommées et apaisées, et qu’il n’y ait plus de ligne de fracture de région à région d’ethnie à ethnie et entre les religions.
Mais, Ivoiriennes et Ivoiriens, nous ne nous arrêterons pas qu’aux élections et à la politique, certes aussi importants soient-elles ! Force est de jeter un regard sur la chose économique et sociale qui conditionne nos cadre et conditions de vie.
En dépit des efforts des Autorités, le coût de la vie demeure encore très élevé ; nous ne pouvons pas cacher que, dans de nombreuses familles, il n’y a toujours qu’un repas par jour. Si ceux-là même qui nous classent parmi leurs meilleurs élèves, eu égard à notre taux de croissance du PIB évoluant entre 8 et 10 % – nous parlons ici des Institutions de Breton Woods – sont les mêmes à nous infliger le cruel verdit de ce constat implacable : un Ivoirien sur deux est pauvre ! Il s’impose alors à nous une réflexion de fond sur l’ensemble de nos grandes orientations en matière de politique économique. Il importe de faire en sorte à drainer vers le maximum de populations une part plus large de la plus-value de notre production. Ce qui favoriserait une amorce de solution à l’énorme pourcentage de population non active, donc peu partie prenante à l’effort productif, surtout au niveau des jeunes en quête d’emploi.
A la faveur des efforts de l’Etat, la Côte d’Ivoire connait, depuis quelques années, un remarquable envol dans la réhabilitation des routes et pistes, et dans la réalisation de nouvelles infrastructures modernes, qui sont indiscutablement à porter au crédit du Chef de l’Etat et du Gouvernement. Nous les félicitons et les encourageons à poursuivre cette métamorphose de notre paysage infrastructurel et économique.
Mais, il faut vivement que ce beau printemps de travaux publics rayonne sur les principaux autres pans de notre activité économique, et que la seconde révolution de l’industrie ivoirienne, tant espérée et attendue de tous, soit une réalité. Car, elle, sera impulsée par l’usinage d’une part plus grande de nos matières premières agricoles, et constituera rapidement le socle de notre agriculture par la production d’intrants innovants et d’équipements à prix abordables. C’est ainsi que, complété par un secteur des services et des TIC en plein réveil, notre économie sera hautement compétitive et saura se battre en ce nouveau monde d’émulation impitoyable.
Bien entendu, les conditions de vie des Ivoiriennes et des Ivoiriens se doivent déjà de connaitre des changements en mieux et le Gouvernement aura à cœur de poursuivre tout ce qu’il a engagé sur le budget national- avec l’appui des partenaires au développement- pour aider les Ivoiriens à mieux se soigner, à un meilleur accès des enfants à une éducation répondant aux normes modernes et à donner aux jeunes, de mieux en mieux formés, les arguments pour affronter le marché du travail.
Ivoiriennes, Ivoiriens, le chemin est encore long, mais le succès est à la portée de nos efforts. Si nous acceptons d’ériger le travail et le mérite en règle universelle et si nous comprenons que nous n’aurons pas d’autre choix que de nous comprendre, en un mot réussir notre réconciliation, nous pardonner et nous retrouver ; nous y parviendrons.
Bonne et heureuse année à toutes et à tous !
Que la Côte d’Ivoire soit bénie !
ANAKY I. Kobena