Politique

Mots d’ordre du PPACI : Laurent Gbagbo appelle à la patience tout en réaffirmant son engagement

Par Charles Kouassi26 avril 2025

Lors de son message d’orientation à l’occasion du Comité central du Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPACI), ce samedi 26 avril 2025 à Abidjan, le président Laurent Gbagbo a invité ses partisans à faire preuve de patience par rapport aux mots d’ordre attendus dans l’attente des résultats des discussions engagées. Tout en évoquant la possibilité de futures mobilisations, il a estimé que le moment n’était pas opportun pour lancer des mots d’ordre dans la rue.

« On prendra les rues, mais ce n’est pas quand ton adversaire t’attend dans les rues que tu vas l’y trouver », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de choisir avec discernement le moment de l’action. S’il n’a pas donné de détails précis sur les négociations en cours qu’il a évoquées , Laurent Gbagbo a dénoncé des tentatives d’intimidation policière à ses bureaux, interprétées selon lui comme un signe d’inquiétude de ses adversaires.

Évoquant son parcours militant, notamment son incarcération en 1992, pour répondre à un cadre du Rhdp qui a dit qu’il faut que les opposants sortent avec leur famille pur manifester, il a rappelé que sa famille n’avait jamais reculé face à l’adversité, tout en soulignant que son parti « on laisse le temps aux autres de se corriger et d’arranger le pays », donnant des indications précises à Danon Djedjé pour lancer l’opération Trop c’est trop, dans le cadre de l’appel de Bonoua.

Au cours de son intervention, l’ancien chef de l’État ivoirien a également réaffirmé son attachement à la préservation du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), actuellement confronté à des difficultés internes. « Nous ne laisserons pas le PDCI mourir, nous allons leur apporter notre soutien », a-t-il assuré, précisant que cette solidarité ne devait rien attendre en retour. Selon lui, la conviction politique ne saurait être un troc, et chaque expression politique mérite d’être préservée pour garantir la vitalité démocratique du pays.

Laurent Gbagbo a, par ailleurs, évoqué les incompréhensions nées de « l’appel de Bonoua » appelant à une mobilisation générale face aux difficultés économiques et sociales. « Trop, c’est trop », a-t-il martelé, reprenant à son compte un slogan jadis utilisé par Henri Konan Bédié en 2010 contre lui-même, lors de la campagne présidentielle.

Enfin, abordant une séquence historique, il est revenu sur les élections de 1990, évoquant les manœuvres électorales dont il aurait été victime à Korhogo. Il a attribué la perte de voix dans cette région à des interventions du préfet Émile Constant Bombet, à la demande du ministre Léon Konan Koffi. Revenant sur cet épisode, il a salué l’adhésion d’Issa Malick et insisté sur l’importance de tourner la page par rapport au passé.

À travers ce message, Laurent Gbagbo a voulu conjuguer fermeté sur les principes et appel au discernement stratégique, dans un contexte politique ivoirien marqué par des spéculations diverses.

Charles Kouassi

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires