Une enquête publiée le 5 avril 2026 par RFI révèle que des navires-usines chinois opèrent au large de la Guinée-Bissau, transformant du poisson en mer. Ces pratiques, à la limite de la légalité, fragilisent les économies locales et inquiètent toute l’Afrique de l’Ouest, y compris la Côte d’Ivoire.
Pêche industrielle opaque en Guinée-Bissau : un système hors contrôle
Selon l’enquête, des cargos chinois stationnés pendant plusieurs mois près des îles Bijagos transforment directement en mer des sardinelles en farine et huile de poisson. Ces produits sont ensuite exportés vers les marchés internationaux, notamment pour l’aquaculture.
Le dispositif repose sur des transbordements en mer et la désactivation des systèmes de localisation, rendant les contrôles quasi impossibles. Des flottes étrangères, notamment turques, participent à cette chaîne parallèle, opérant souvent en dehors des réglementations locales.
Afrique de l’Ouest : des stocks halieutiques sous pression
En Guinée-Bissau, où le poisson constitue la principale source de protéines, les conséquences sont immédiates : raréfaction des ressources, hausse des prix et précarisation des pêcheurs artisanaux.
Cette situation n’est pas isolée. Au Sénégal et dans le golfe de Guinée, des pratiques similaires sont régulièrement dénoncées. En Côte d’Ivoire, les professionnels du secteur alertent depuis plusieurs années sur la pression croissante exercée par les flottes industrielles étrangères sur les ressources marines.
Côte d’Ivoire : un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire
Pour Abidjan, la question est cruciale. Le pays dépend fortement des produits halieutiques pour son approvisionnement alimentaire. Une surexploitation régionale pourrait accentuer la dépendance aux importations et fragiliser les communautés de pêche locales.
Malgré l’interdiction annoncée par les autorités bissau-guinéennes, le manque de moyens de surveillance limite l’efficacité des mesures.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info