Société

Nord de la Côte d’Ivoire : l’imagerie satellitaire au service de la paix entre agriculteurs et éleveurs

Par Yaya Kanté28 février 2026

Le gouvernement ivoirien franchit une étape technologique pour sécuriser les zones frontalières au Nord du pays. Le mercredi 25 février 2026, à Abidjan, le ministère des Ressources animales et halieutiques (Mirah) a validé les résultats d’une étude menée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’objectif : utiliser la donnée spatiale pour mettre fin aux conflits dans le Bounkani et le Tchologo et la cohésion sociale dans ces zones frontalières.

Les régions du Bounkani et du Tchologo sont confrontées à des défis liés à l’insécurité, à la dégradation environnementale et aux pressions socio-économiques. Face aux tensions récurrentes entre communautés, la Côte d’Ivoire mise sur l’innovation.

Le projet « Renforcer la résilience communautaire grâce à une gestion optimisée des ressources naturelles et de l’eau et la préparation aux catastrophes à travers l’utilisation de technologies satellitaires », mis en œuvre par l’OIM, avec le soutien financier du Japon, a utilisé des technologies avancées telles que l’imagerie satellitaire haute résolution, la télédétection et analyses géophysiques et les bases de données géospatiales.

Ces outils permettent de cartographier précisément les ressources en eau, les terres arables et les zones de pâturage, transformant ainsi une gestion de crise en une planification territoriale rigoureuse afin de réduire les risques et contribuer à la stabilité et au développement de ces régions.

Pour Assoumany Gouromenan, directeur de cabinet du Mirah, ces études devraient contribuer à prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi qu’entre communautés villageoises. « La question de la transhumance constitue aujourd’hui un défi majeur pour la Côte d’Ivoire, car elle menace les exploitations agricoles et la coexistence pacifique dans certaines localités », a-t-il indiqué.

David Preux, chef de mission de l’OIM, a rappelé que la pression sur les ressources naturelles et les mouvements de population (déplacements, transhumance) ne doivent plus être des vecteurs de tension, mais des opportunités de développement durable.

L’atelier de restitution, qui s’est achevé le 26 février, a mobilisé experts onusiens, autorités locales et société civile autour de quatre piliers : gestion de l’eau, agriculture et pastoralisme, réduction des risques , et cohésion sociale. Cette approche intégrée, mêlant science et dialogue communautaire, s’impose comme le nouveau modèle de résilience pour les régions du Nord de la Côte d’Ivoire.

Yaya K avec CICG

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